Mahler 3 : explosif !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lyon. Grand Auditorium. 03-II-2007. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°3. Ewa Marciniec, alto. Chœurs de Lyon-Bernard Tétu (chef de chœur : Catherine Molmerret). Petits chanteurs de Lyon (chef de chœur : Jean-François Duchamp). Orchestre National de Lyon, direction : Jun Märkl.

Après la Symphonie n°2 de la saison passée, et l’ se sont attaqués en ce début d’année 2007 à la gigantesque n°3 de Mahler, avec le renfort des Chœurs de Lyon-Bernard Tétu, des Petits Chanteurs de Lyon et de la soliste Ewa Marciniec.

Et c’est à une exécution absolument explosive que nous avons assisté, au Grand Auditorium de Lyon, avec un orchestre puissant et un chef tout à fait impressionnant dans sa façon de traiter la partition de Mahler. Jun Märkl n’est pas seulement l’un des chefs favoris des Opéras de Vienne, Munich et New York ; il est aussi l’un des chefs symphoniques les plus en vue de sa génération, régulièrement invité par nombreux orchestres prestigieux de par le monde. Trait frappant chez lui, la grâce dans sa manière de diriger et de se mouvoir dans l’espace ; il dirige avec tout son corps, et on a vraiment le sentiment que l’orchestre se déploie de façon flexible sous l’effet de ses gestes précis, chorégraphiques, comme s’il donnait naissance avec des coups de baguette magique à la magnitude de l’univers imaginé par Mahler, au détail près.

Tout avait magnifiquement bien commencé dans le très long mouvement initial de la symphonie ; alliant puissance, clarté et délicatesse, les musiciens ont laissé transparaître toutes les subtilités orchestrales de Mahler dans cette musique minérale peuplée de bruissements sauvages et primitifs, royaume de la matière inanimée. Hélas, petit moment de solitude pour le malheureux tromboniste qui s’est étrangement loupé dans son solo, créant quelques petits instants de flottement dans l’orchestre, mais l’incident a été vite balayé par la façon dynamitante dont est arrivé à sa fin le premier mouvement.

Après une telle puissance orchestrale et une telle densité sonore, difficile pour le public cloué dans son fauteuil de se reconcentrer sur la légèreté et l’insouciance florale du second mouvement… Mais toute la suite n’est qu’une douce et lente ascension vers la lumière de l’adagio final, parfaitement maîtrisée par Jun Märkl et des musiciens transcendés par le sublime de la matière sonore qu’ils ont généré. Seuls les cuivres ont montré quelques petites faiblesses, mais sans grandes conséquences.

La voix puissante, caverneuse, d’Ewa Marciniec et les chœurs ont été remarquables dans les mouvements préparant cette montée culminante vers la pleine conscience et l’amour de Dieu. L’éternel final de la symphonie s’est achevé sous le fracas des clameurs et des applaudissements d’un public absolument ravi par cette prestation lumineuse et explosive…

Crédit photographique : © Bruno Amsellem/ Editing

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