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La tragédie du bouffon qui prend au cœur

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto. Franco Bonisolli, Il Duca di Mantova ; Rolando Panerai, Rigoletto ; Margherita Rinaldi, Gilda ; Viorica Cortez, Maddalena ; Bengt Rundgren, Sparafucile. Chœur du Staatsoper Dresden. Staatskapelle Dresden, direction : Francesco Molinari-Pradelli. 2 CD Arts Archives 43073-2. Enregistré à Dresde en mars 1977. Notice de présentation en anglais, allemand, français et italien. Livret en italien. Durée : 108’32’’.

 

Ce Rigoletto-là, assez ignoré de nos jours, mérite pourtant d’être entendu au moins une fois dans une vie, car ici se joue le vrai drame du bouffon.

Bande-son d’un film réalisé, vraisemblablement, par la télévision allemande, cette version réaliste et engagée touche réellement, et profondément. est l’un des seuls interprètes à posséder la couleur exacte du rôle, celle d’un père, et non celle d’un Comte de Luna ou d’un Scarpia. Le timbre est somptueux, les graves sonores (ce qui est rare dans ce rôle) et les aigus, s’ils sont moins faciles et brillants que ceux de certains de ses confrères, sont bien là, avec une couleur douloureuse qui accentue encore la plainte du personnage. L’interprétation est l’une des plus abouties à ce jour, en particulier toute la scène du deuxième acte, à partir de Cortigiani. La douleur du bouffon est palpable, et c’est cette sincérité qui rend Panerai bouleversant.

incarne de sa belle voix de soprano lyrique-léger une Gilda fraîche et délicate, très crédible dans son rôle de jeune fille amoureuse, seuls quelques aigus un peu tirés viennent troubler la pureté de sa voix.

Le Duc de est, de toute évidence, à connaître. La voix est superbe, les aigus, comme à l’ordinaire chez lui, spectaculaires (son contre-ut dièse, à la fin de son duo avec Gilda au premier acte, est à ce titre éloquent) et il incarne ce rôle de séducteur méprisant avec aisance.

Quant au couple des assassins, il est bien assorti : Bengt Rundgren est un très bon Sparafucile, aux graves sonores et à la présence affirmée, et sa partenaire , grâce à sa belle voix et sa classe vocale, éloigne Maddalena des vulgarités qu’on a l’habitude d’entendre dans ce rôle.

N’achevons pas ce compte-rendu sans citer le chœur du Staatsoper de Dresde, parfait d’homogénéité, et l’orchestre, la , toujours superlatif. La pâte instrumentale est incomparable et la précision sans faille. Cet enregistrement démontre bien, s’il en est besoin, qu’il a été l’un des meilleurs orchestres du monde. , s’il n’apporte pas vraiment d’interprétation personnelle, tient fermement ses troupes et laisse chacun exprimer sa vision de l’œuvre, ce qui donne, au final, un résultat étonnant, car très hétéroclite, mais ô combien passionnant.

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto. Franco Bonisolli, Il Duca di Mantova ; Rolando Panerai, Rigoletto ; Margherita Rinaldi, Gilda ; Viorica Cortez, Maddalena ; Bengt Rundgren, Sparafucile. Chœur du Staatsoper Dresden. Staatskapelle Dresden, direction : Francesco Molinari-Pradelli. 2 CD Arts Archives 43073-2. Enregistré à Dresde en mars 1977. Notice de présentation en anglais, allemand, français et italien. Livret en italien. Durée : 108’32’’.

 
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