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Encore des découvertes dues à Felicja Blumental

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Hekel Tavares (1896-1969) : Concerto em Formas Brasileiras pour piano et orchestre op. 105 n°2. Isaac Albéniz (1860-1909) : Rapsodia Española op. 70 ; Concerto pour piano n°1 « Concierto Fantástico » op. 78. Felicja Blumental, piano. London Symphony Orchestra, direction : Anatole Fistoulari. Filarmonica Triestina, direction : Luigi Toffolo. Torino Orchestra, direction : Alberto Zedda. 1 CD Brana Records BR0002. AAD. Dates d’enregistrement non précisées. Notices unilingues (anglais) succinctes. Durée : 61’07’’.

 

Encore des découvertes dues à Felicja BlumentalL’intérêt de ce CD contenant ces précieuses rééditions est surtout centré sur le Concerto dans les formes brésiliennes (1941) du compositeur brésilien (1896-1969), et il était bien normal que Felicja Blumental (1908-1991) en soit l’interprète, elle qui s’installa au Brésil en 1942 et fut la dédicataire et créatrice du Concerto pour piano n°5 d’Heitor Villa-Lobos. Avec Michael Ponti, elle fut notamment à la base d’un riche catalogue d’œuvres peu jouées chez le label américain Vox, et il est permis d’en déduire qu’ils sont indirectement tous deux les précurseurs et initiateurs de la splendide série « The Romantic Piano Concerto » chez Hyperion, comprenant actuellement plus de quarante CDs.

Toutefois la Decca anglaise savait être également entreprenante dans les années 50 : souvenons-nous des gravures d’œuvres de Conrad Beck et Bernard Reichel (LXT2703), Willy Burkhard et Paul Müller (LXT2702), Federico Elizalde (LX3116), Ture Rangström (LXT2665), Ivan Semenoff (LXT2678), Fela Sowande (LM4547) et bien sûr dont le Concerto dans les formes brésiliennes fut gravé par Decca en juin 1954 au Kingsway Hall de Londres (LXT2975), avec la participation de l’Orchestre Symphonique de Londres sous la direction de l’excellent Anatole Fistoulari, et il est plus que probable que cet enregistrement en soit le seul existant. Si on n’y retrouve pas le génie de Villa-Lobos dans son exubérance foisonnante, l’œuvre s’écoute avec plaisir, évocation de l’esprit des danses et du folklore brésiliens plutôt qu’utilisation de mélodies authentiques, avec toutefois des démarches et techniques compositionnelles alla Rachmaninov qui témoignent de l’assimilation totale des œuvres concertantes du grand compositeur russe.

L’audition de la musique d’ (1860-1909) après celle de Tavares surprend par les subtilités et le raffinement supplémentaires dus à une harmonisation plus complexe et subtile, alors que le compositeur espagnol est l’aîné du musicien brésilien de près de deux générations. La Rapsodie Espagnole (1887) fut à l’origine une œuvre purement orchestrale remaniée ensuite pour piano et orchestre par Albéniz ; la partition originale étant perdue, Georges Enesco et Cristóbal Halffter en ont réalisé deux orchestrations assez différentes, mais la version utilisée par n’est pas précisée. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une belle méditation poétique où le piano évoque le jeu de la guitare et même des castagnettes. Le Concerto n°1 dit « Concerto Fantastique » (1887), plus élaboré, participe d’une esthétique poétique semblable qui l’a amené à être qualifié de « chopinesque » ; en tout cas, on chercherait en vain pourquoi l’auteur l’a qualifié de « fantastique ». défend tout ce beau programme avec son ardeur et sa conviction coutumières, mais il est regrettable que les deux orchestres italiens n’aient pas apporté aux œuvres d’Albéniz un jeu aussi soigné que celui de l’Orchestre Symphonique de Londres pour Tavares. Bien sûr il existe d’autres versions de l’une et l’autre partition d’Albéniz, notamment les interprétations de Jean-François Heisser, Alicia de Larrocha ou Rosa Torres Pardo, toutes remarquables, mais la version de Blumental a l’avantage de l’excitation particulière due à la découverte. Signalons pour terminer que des trois enregistrements, seul le Concerto n°1 d’Albéniz est en stéréophonie.

Distribution du label Brana : DistrArt Musique – Clic Musique ! ®

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Hekel Tavares (1896-1969) : Concerto em Formas Brasileiras pour piano et orchestre op. 105 n°2. Isaac Albéniz (1860-1909) : Rapsodia Española op. 70 ; Concerto pour piano n°1 « Concierto Fantástico » op. 78. Felicja Blumental, piano. London Symphony Orchestra, direction : Anatole Fistoulari. Filarmonica Triestina, direction : Luigi Toffolo. Torino Orchestra, direction : Alberto Zedda. 1 CD Brana Records BR0002. AAD. Dates d’enregistrement non précisées. Notices unilingues (anglais) succinctes. Durée : 61’07’’.

 
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