Conclusion en beauté du cycle Brahms à Lille

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lille, Nouveau Siècle. 08-II-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 77 ; Symphonie n° 4 en mi mineur op. 98. Gordan Nikolitch, violon. Orchestre National de Lille, direction : Michael Stern.

Brahms Puissance 4

Le cycle Brahms de l’ se clôturait par ce programme comportant le Concerto pour violon et la Symphonie n°4. Invité pour jouer le concerto, Gordan Nikolitch est un musicien à la carrière aussi active que diversifiée. Il est concertmaster du London Symphony Orchestra depuis 1997, directeur musical du Nederlands Kamerorkest depuis 2004, et a de plus activité de soliste bien remplie. On était donc en droit d’en attendre de grandes choses, attente cruellement déçue, car on a rarement entendu plus plate exécution de cette œuvre. Tout au long du concerto, Nikolitch déçoit l’oreille par une sonorité aigre et terne, une justesse approximative, et un jeu sans nuances, brut et crispé. Le soliste déploie beaucoup d’énergie et de bonne volonté, mais il débite sa partie avec la grâce d’un bûcheron, et semble ce soir incapable de se sortir d’une esthétique grise, étriquée et sans grâce. a beau accompagner le soliste avec beaucoup de professionnalisme, le résultat reste loin d’être aussi intéressant que ce que nous faisait entendre il y a quelques mois Laurent Korcia, qui n’était pas irréprochable, mais qui avait au moins une vision personnelle de cette même œuvre.

Après la pause, c’est la Symphonie n°4 qui venait clore le dernier concert de ce cycle Brahms. y est en pleine forme, et encore plus inspiré que dans la Symphonie n°3 de la semaine précédente. Il donne de cette symphonie finale une version élégante et lyrique, assez distanciée, mais très équilibrée, et exposée de manière franche et claire. Comme à son habitude, il dirige formidablement le mouvement lent, avec fluidité, sobriété et poésie, et il fait entendre dans un Allegro giocoso plus retenu et moins clinquant qu’on peut parfois entendre, des subtilités et des finesses de phrasés qu’on y perçoit rarement.

L’ONL est en progrès constants durant ce cycle, en premier lieu en matière de cohésion, et réalise ce soir une belle prestation, concentrée, vigoureuse et enthousiaste. Le seul pupitre à décevoir est celui des cors, qui semble lentement mais sûrement en train de s’enfoncer dans l’à peu près. Individuellement, ses membres sont encore capables de beaux solos, mais collectivement, c’est le marasme : le manque d’assurance est flagrant, et une attaque du pupitre franche, nette et sans bavure est devenue l’exception.

Le bilan de ce cycle Brahms est finalement assez positif, ce que n’aurait pas laissé espérer un premier concert assez terne. Il a permis à l’ONL d’afficher de nets progrès dans ce répertoire, et de découvrir en Michael Stern un chef chaleureux et poétique, à la technique raffinée et précise, et qui manifeste une compréhension profonde de la musique de Brahms. Les deux symphonies qu’il a dirigées, de même que le Concerto pour piano n°2, dans lequel il accompagnait Jonathan Gilad, font partie des meilleurs moments de la saison de l’ONL.

Crédit photographique : © DR

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