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Arabella Steinbacher cherche partenaire pour concertos à deux

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concertos pour violon n°1 et 2. Arabella Steinbacher, violon. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Andris Nelsons. 1 CD Orfeo C687 061A. Enregistré en mai 2006. Notice en français, allemand, anglais. Durée : 73’07’’.

 

Les deux concertos pour violon de composés en 1948 et 1967 forment un programme simple mais efficace car ils illustrent deux périodes créatrices de la maturité du compositeur, et permettent au soliste de faire la preuve de ses capacités techniques et surtout expressives. Mission accomplie pour la jeune , qui confirme l’excellente impression qu’elle avait produite en concert à Cologne en 2005 (lire la chronique). Tout serait pour le mieux si la direction orchestrale était à la même hauteur.

n’a mis le Concerto n°1 à son répertoire que depuis 2003. Elle l’a maintes fois interprété depuis, et sa familiarité avec cette musique se ressent, la beauté du son et la virtuosité se doublant d’un sens narratif d’une maturité surprenante. Si son ascendance est germano-japonaise, ses années de formation à Munich auprès de son professeur d’origine russe Ana Chumachenko et les conseils qu’elle reçoit à Paris d’Ivry Gitlis, expliquent son jeu marqué d’une sensibilité d’Europe centrale.

David Oïstrakh, qui a créé les deux concertos et est dédicataire du second, domine la discographie. Steinbacher soutient-elle la comparaison avec Oïstrakh, comme le soutient non sans audace la notice du texte ? Oui, dans la mesure où elle démontre qu’elle est une artiste précoce et talentueuse. Non car aussi douée soit-elle, rien ne remplace des années d’expérience. Heureusement, elle pourra encore faire beaucoup mieux au cours de sa carrière.

Le défaut principal de ces enregistrements est la direction du jeune chef . Né en 1978 et directeur musical de l’Opéra National de Lettonie, il n’arrive pas à donner de dimension à cette musique pourtant chargée de pathos, de douleur, d’ironie, d’espoir dans le Concerto n°1, ou de gravité dépouillée, d’intériorité dans le n°2. Le Concerto n°1 est une œuvre où l’orchestre joue un rôle fondamental, et du coup il souffre plus que son cadet du manque de contrôle du chef. Le fond est atteint dans le scherzo, pièce diabolique dans tous les sens du terme, qui ici n’est qu’agitation. Les bras bougent beaucoup, frénétiquement même, mais ça n’avance pas. L’idée d’associer deux jeunes talents était sympathique, mais se révèle malheureuse pour Arabella Steinbacher, d’autant que l’on pressent qu’elle aurait pu faire encore mieux avec une baguette inspirante. Il lui reste à trouver un chef d’orchestre qui soit pour elle un vrai partenaire avec lequel tutoyer les sommets.

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concertos pour violon n°1 et 2. Arabella Steinbacher, violon. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Andris Nelsons. 1 CD Orfeo C687 061A. Enregistré en mai 2006. Notice en français, allemand, anglais. Durée : 73’07’’.

 
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