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La Folie à l’opéra. Jacqueline Verdeau-Paillès, Michel Laxenaire, Hubert Stœcklin. Buchet Chastel, Paris. 493 pages. 23 euros. N° ISBN : 2-283-02051-4. Dépôt légal : février 2005.

 

Le thème de la folie à l’opéra est un sujet récurrent. Tout d’abord n’y a-t-il pas une certaine folie à aimer l’opéra (voir l’article de Catherine Scholler). La question mérite d’être posée, mais le sujet de cet essai est bien la manière dont est abordée la folie dans les œuvres lyriques.

Il en ressort de prime abord qu’elle a été très rapidement, et dès la naissance de l’opéra, utilisée par les compositeurs, ceux-ci la traitant de manière différente selon les époques, certes, mais également selon la manière dont on l’envisageait à l’époque ; la « mélancholie » de Didon n’est pas la bouffée délirante aiguë de Dinorah, et les scènes de « pazzia », apanages des sopranos romantiques, sont aux antipodes de l’angoisse de morcellement des œuvres du XXe siècle, tel Jakob Lenz.

Comment est-ce que la musique reflète la folie ? Est-ce que les vocalises de Lucia seraient les échos de la voix qu’entendent les « fous » ? Ou bien le cataclysme vocal de Jenufa symboliserait la rudesse de la souffrance ? Et puis, on peut repenser à l’envi la problématique du génie et de la folie, certains des compositeurs ayant manifesté quelque maladie du délire ; on trouve donc matière à penser, et les quelques cinq cents pages de ce livre, sans être novatrices sur le choix du sujet, n’en sont pas moins éclairantes sur nombre d’interrogations, notamment sur la frontière entre le réel et l’imaginaire (Otello, dans l’opéra de Verdi, étant l’exemple même de la difficulté de cerner la structure psychique du personnage, mais est-ce que la somnambule Amina serait considérée folle aujourd’hui ?).

Dans un langage simple et aucunement réservé à ceux qui maîtrisent le langage « psy », cet exposé clarifie, à l’instar des commentaires musicaux que l’on retrouve dans certains programmes de théâtre, le thème choisi de la folie, avec une certaine érudition, et le soin de l’exactitude musicologique. Et on y reviendra bien lorsque nous écouterons une œuvre où une folle, ou un fou (plus rare, tout de même…) officieront dans une envolée vocale…délirante.

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La Folie à l’opéra. Jacqueline Verdeau-Paillès, Michel Laxenaire, Hubert Stœcklin. Buchet Chastel, Paris. 493 pages. 23 euros. N° ISBN : 2-283-02051-4. Dépôt légal : février 2005.

 
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