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Régine Crespin, la Diva exemplaire

Artistes, Chanteurs, Opéra, Portraits

Régine Crespin n’est pas une Diva comme les autres. Dans les années 50, nombreuses sont les très grandes qui nous ont enchantées, mais aucune n’a avec tant de lucidité, de modestie et de talent, tout donné à son public. La voix était là, magnifique depuis le début.

Notre dossier : Art lyrique

 

L’héritage d’une grand-mère italienne, Mannolini, qui avec amour, excès, théâtralité et abnégation, a nourri la passion pour le chant et la scène de la petite Régine. Véritable premier « metteur en scène » de la future diva, elle organisait pour le public d’amis au bas de sa fenêtre un récital nocturne avec ovations, saluts et fleurs. L’air chaud de la banlieue de Marseille en période estivale participait certainement au succès. Elle a concrètement encouragé sa « petite » à se mettre au piano et à chanter « pour de vrai ». La mère de Régine aussi a toujours soutenu sa fille. Le père, plus méfiant, mettra du temps à croire en elle. Il voulait une vraie carrière pour sa fille.

Le premier professeur, Mme Kossa, accepta l’élève de 16 ans pour trois mois à l’essai. On croit rêver : Lucia et Lakmé ont été étudiées par cette « petite voix comme une tête d’épingle ». Trois mois de travail acharné, de vocalises, et la découverte d’une énorme voix de mezzo. Bravo Mme Kossa. Car finalement tout est dit. Une grande voix, une couleur de mezzo et des aigus purs. Toute la voix si particulière de tient en ces quelques mots. Le reste après fut travail de culture. Infatigablement, a parcouru le long chemin qui l’a conduit de l’état de chanteuse à la voix fabuleuse au devenir d’une artiste lyrique cultivée puis vers la musicienne, et la plus délicate qui se puisse rêver. Une Diva est née, qui s’est imposée dans les opéras les plus exigeants de la planète et qui y fut fêtée comme peu d’autres. Qu’on songe qu’à Buenos Aires elle fut accueillie à sa descente d’avion sous des pluies de fleurs, cherchée à l’aéroport en limousine et précédée par deux voitures déployant une banderole : VIVE CRESPIN-VIVE LA FRANCE !

Le Théâtre Colon monta pour elle la rare Pénélope de Fauré et les Troyens de Berlioz ainsi qu’Iphigénie en Tauride de Gluck. Elle y eut tant de succès en 1965 dans Tosca qu’à la sortie du théâtre il fallut que ses admirateurs portent la Peugeot dans laquelle elle se trouvait pour qu’elle puisse se déplacer aux cris de « Viva Régine ! Viva la Diva ! », les forces de police étant débordées. Mais c’est dans Carmen en 1976 que le délire fut à son comble : plus d’une heure d’applaudissement et un salut extraordinaire « Telon » où la Diva seule sur une scène dépouillée des décors, le sol couvert de fleurs, salue dans la nudité et la fragilité de sa condition d’artiste toute offerte à son public. Petit pincement au cœur de la Diva, et honte à la France, cette scène s’est passée à Buenos Aires et non à Paris….

Mais revenons au début de sa carrière car tout est allé très vite.

En 1947 Régine n’a toujours pas l’autorisation de son père pour faire des études de chant. Un concours organisé par la revue Opéra sera la première grande étape de sa carrière. Elle remporte la première place à Nîmes, à Marseille, puis est couronnée à Paris. Après de tels succès, son entrée au Conservatoire n’a dû être qu’une formalité. Sa rencontre avec Georges Jouatte la marquera comme « son premier grand professeur de chant » mais également comme un modèle d’artiste exigeant, curieux et cultivé. Elle travaillera longtemps avec lui et il est certain qu’elle trouva auprès de lui les éléments lui permettant d’évoluer du statut de chanteuse à celui d’artiste. La voix dès le départ devait être exceptionnelle car est sortie à 22 ans du conservatoire, avec évidemment ses premiers prix en Opéra, Opéra comique et Chant, mais connaissant également par cœur Faust, Otello, Les Noces de Figaro, Tosca et Lohengrin. Rôles qu’elle abordera tous très rapidement ensuite.

Son premier rôle sera Elsa à Mulhouse en 1949 (oui à 22 ans ! ) le succès est tel qu’elle est immédiatement engagée à Paris en octobre 1950. Mais c’est là qu’une question hélas sans réponse est ouverte : comment l’Opéra de Paris n’a t’il pas compris qu’il était vital de s’attacher durablement une chanteuse aussi conséquente ? Comment cela a-t-il été possible ?

Tout semblait bien parti, elle y fut engagée en octobre 1950. Elle travailla tout l’hiver et fit des débuts fracassants en août 1951 dans Lohengrin à l’Opéra puis en Tosca à l’Opéra Comique. Suivront Les Noces de Figaro, Cavalleria Rusticana, l’Etranger de Vincent D’Indy et une des huit Walkyries. Tout se gâta avec Otello. Elle fit toutes les répétitions et à huit jours de la première, elle fût détrônée par Géorie Boué, qui tenait à faire sa rentrée à l’Opéra. La prise de rôle en Desdémone se fit donc à Nîmes et non pas à Paris, avec grand succès. Tant pis pour l’Opéra de Paris…

Au printemps 1952, préparant Aïda, Régine eut la désagréable surprise de ne pas être réengagée. Passé un moment de stupeur et d’incompréhension, vint le prétexte grotesque d’un poids jugé trop important. Sans se démonter, Régine Crespin partit alors en province et y aborda de très nombreux rôles dont Faust et le Chevalier à la Rose à Marseille, Tosca à Nancy, Les Troyens à Lyon, Otello à Bordeaux, Sieglinde dans la Walkyrie à Nice, Ariane à Naxos à Aix…

Auréolée de ces succès, ayant perdu du poids et posant ses conditions, elle revint à l’Opéra en 1955 pour Otello avec José Luccioni, production dont il reste heureusement une trace dans le coffret microsillon « Régine Crespin 30 ans sur Scène » étrangement non repris dans le report CD. Ce retour par la grande porte verra une véritable consécration durant les années 1955 à 1958, avec en particulier trois rôles absolus : Amélia du Bal masqué, Desdémone d‘Otello et par-dessus tout La Maréchale du Chevalier à la Rose. Les distributions du Chevalier laissent songeur : Suzanne Sarroca en Octavian et Janine Micheau en Sophie ! Mais l’Opéra de Paris allait mal. La crise couvait. Crise identitaire aussi, car on y chantait encore tout le répertoire en français. Crespin a ainsi encore enregistré des extraits de Tosca en français en 1960 !

Un grand moment dans l’histoire de la musique eut lieu lors de la création française de Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc à l’Opéra de Paris le 21 juin 1957, avec la distribution souhaitée par le compositeur, Denise Duval dans le rôle de Blanche, Régine Crespin dans celui de la seconde prieure et Rita Gorr en Mère Marie. Poulenc était venu proposer à Régine Crespin de chanter le rôle de la deuxième prieure qu’il avait écrit « pour une soprano possédant un la aiguë pianissimo ». Sans la connaître, avait-il rêvé la voix de Régine Crespin ?

Après ces années françaises, Régine Crespin entama la plus grande partie de sa carrière sur les scènes internationales les plus prestigieuses, devant dépasser sa peur de l’avion. Il sera également plus facile de suivre l’évolution de sa carrière grâce à son importante discographie officielle qui sera toujours au sommet.

Première étape : Bayreuth

André Cluytens, le grand chef d’orchestre belge, connaissait bien Régine Crespin. Il l’avait dirigée dans Otello. Invité à Bayreuth en 56 pour diriger Lohengrin, il eut un très grand succès. Wieland Wagner confiant, lui demanda donc quelle chanteuse française pourrait auditionner pour ses futures distributions. Le nom de Régine Crespin s’imposa. L’audition eut lieu pendant l’été 1957. Et contre toute attente, le petit-fils de Richard Wagner proposa à Notre jeune Régine, âgée de 30 ans, l’un des rôles les plus complexes de Wagner : Kundry dans Parsifal. André Cluytens était aux anges. Crespin, inconsciente, accepta. Et le miracle se produisit. À force d’un travail acharné, celle qui en 1957 n’avait jamais chanté en allemand (!), arriva fin prête et obtint un triomphe à Bayreuth dans le rôle de Kundry. Triomphe sans applaudissements (c’est la tradition à Bayreuth de ne pas applaudir Parsifal) mais, apportant la consécration. Régine Crespin était devenue la seule wagnérienne française invitée à Bayreuth depuis Germaine Lubin 20 ans plus tôt.

Quels ont été les moyens mis en œuvre par Régine Crespin pour arriver à cette perfection de diction allemande et ce phrasé wagnérien si particulier ? Le travail, le travail et encore le travail. Répétitions avec un répétiteur de l’opéra plusieurs fois par semaine, cours avec Germaine Lubin une fois par semaine et leçons d’allemand trois fois par semaine. L’amour du travail bien fait, mais aussi l’Amour, puisqu’elle épousa Lou Bruder, son professeur d’allemand. L’énergie dégagée par Régine Crespin fût surhumaine cette année là. Car outre cette préparation « diabolique » au rôle de Kundry, elle chanta deux à trois fois par semaine à l’opéra et enregistra son premier récital pour EMI… Disque magnifique où la voix de Crespin est absolument inouïe. Elle y chante en français, en italien ! et en allemand !!! avec une diction tout simplement parfaite. Son timbre est mœlleux, frais, clair et profond à la fois, les demi-teintes et les aigus pianissimo sont renversants et les forte décoiffants. Impossible de savoir ce qu’y préférer, et d’ailleurs pourquoi faire un choix ? Peut-être l’air du quatrième acte du Trouvère, pour des nuances jamais entendues ainsi développées, et l’ambiance lunaire. Mais comment résister à l’éclat de l’air d’entrée d’Elisabeth ou la mélancolie de l’air du saule de Desdémone ? Ce récital est un petit miracle.

Régine Crespin chanta Parsifal trois années de suite à Bayreuth en 1958, 1959 et 1960. On peut trouver des enregistrements de 1958 et 1960. Hans Knappertsbusch qui la dirigeait reconnut en 1960 qu’elle était « la meilleure Kundry qu’il ait jamais dirigée ». Laissons à ce spécialiste le dernier mot car c’est un ouvrage qu’il avait beaucoup dirigé et avec de bien belles Kundry !

La dernière année, on offrit aussi à Crespin de chanter Sieglinde dans la Walkyrie. Autre rôle dans lequel elle est inoubliable. Elle y reçut des applaudissements fracassants (ceux qu’elle n’avait pas pu recevoir dans Kundry ?) Après cette consécration vocale et scénique, la carrière de Régine Crespin prend un tour international. Les plus grandes scènes la demandent et les plus grands succès seront au rendez-vous.

Deuxième étape : New-York

L’autre maison qui donne à une artiste une consécration internationale est le MET de New York. Régine Crespin y fit des débuts fabuleux en 1961 dans Le Chevalier à la Rose mis en scène par Lotte Lehmann, qui fut LA Maréchale adoubée par le compositeur lui-même. En toute simplicité Crespin fût son héritière, celle-ci lui avouant qu’elle était « la maréchale selon son cœur ». Elle chanta souvent au Met, toujours avec un succès éclatant : Lohengrin, le Vaisseau Fantôme, la Walkyrie, Tosca, Le Bal Masqué, Werther, les Contes d’Hoffmann et last but not least, Carmen. L’Opéra de Boston l’invita aussi très souvent pour Tanhauser, Fidelio, Ariane à Naxos, Tosca. Elle eut avec l’Opéra de San Francisco des relations particulièrement amicales et y chanta Tannhäuser, les Troyens (deux années de suite alors que cette œuvre difficile était inconnue du public !) Le Chevalier à la Rose, la Walkyrie, Cavalleria rusticana.

Autres étapes : Vienne, Italie, Buenos Aires

L’Opéra de Vienne l’invita et lui fit son plus beau triomphe dans le Chevalier à la Rose. Crespin fut couronnée dans la ville de la Maréchale ! C’est d’ailleurs le rôle qu’elle décrit comme son porte-bonheur, celui avec lequel débuta dans de nombreuses maisons. En Italie elle chanta à Milan, Venise, Rome, Naples toujours avec le plus grand succès.

Mais c’est le Théâtre Colon de Buenos Aires qui lui offrit ses rôles les plus rares et ses succès les plus fous. Cassandre et Didon dans les Troyens, Pénélope de Fauré, Iphigénie en Tauride, et ses grands succès : Parsifal, Le Chevalier à la Rose, Tosca, Werther, Carmen…

Régine Crespin développa parallèlement un talent extrême pour les récitals avec orchestre ou piano. Que de subtilités vocales reposant sur une diction parfaite ! La mélodie allemande évidemment, mais aussi tout un répertoire français jusque-là négligé. Et toujours un contact extrêmement chaleureux avec son public, qui le lui rendait bien. Impossible de tout détailler sans être éprouvant : durant près de quarante années Régine Crespin brûla les planches du monde entier. Une vraie vie de diva toujours au travail, jamais en repos, donnant tout à son public. Mais ce qui la distingue des autres divas, c’est sa capacité à triompher in loco, dans la langue du pays, dans des ouvrages du pays. Cela, personne d’autre ne l’a fait comme elle.

Une autre qualité, et des plus rares, est sa capacité jusque dans les moments d’adversité, les crises personnelles ou vocales les plus graves, à se remettre en question, à affronter les situations, à réfléchir et à rebondir. Pour s’en persuader, la lecture de sa biographie est très éclairante. Avec un courage et une lucidité rare, elle y raconte ce qu’est une vie de diva et de femme passionnée. Et quel humour est le sien ! Le vrai, celui qui aide à prendre de la distance avec soi-même. Elle n’a pas hésité à égratigner son image de diva. Elle en a joué pour notre plus grand délice. Son incursion dans l’univers d’Offenbach a été un succès phénoménal tant sur scène qu’au disque. Toulouse se souvient encore de sa Grande Duchesse.

Sa Carmen patiemment préparée, surmontant une période de crises terribles, a bouleversé la vision d’un rôle dont on croyait tout savoir. Elle s’y montre dans une féminité subtile et irrésistible, avec une voix étonnante, de soprano par la couleur, mais avec des graves non appuyés et incroyablement sonores… Elle y eut un succès incroyable. Une vraie Carmen à l’élégance toute française.

Ses dernières prises de rôle ont été des leçons pour tous. Son incarnation de la première prieure dans Dialogues des Carmélites donne le frisson. Dans cette mort si douloureuse sur scène, elle donne toute la charge angoissée imaginable. Avec une voix beaucoup plus claire que les mezzos habituelles, elle trouve des couleurs vocales sombres et des mots semblant sortir des entrailles. Une leçon de théâtre et de chant. Et La Comtesse de La Dame de Pique ! Elle était à la fois la vieille Comtesse de l’opéra, la diva qui se souvient de sa splendeur et la femme qui connaît les attaques de la maladie. Du jamais vu ! Enfin le Médium de Menotti dans lequel l’incarnation théâtrale balayait tout. Il reste un enregistrement du rôle de la première Prieure, mais il s’agit d’un concert et la flamme de la scène n’y est pas aussi brûlante qu’au théâtre. Le grand regret est qu’il ne reste pas de trace de sa Comtesse. Du moins pour l’instant….

Grâce à sa biographie « L’amour et la vie d’une femme », qu’elle a pris la peine d’écrire à un moment où ses activités lui laissaient pourtant peu de temps, nous avons appris comment Régine avait été tyrannisée par Crespin. Certes le prix en a été élevé, mais la réconciliation a été heureusement possible grâce à son courage et sa ténacité. Sa sincérité à expliquer comment elle a dépassé à plusieurs reprises des épreuves très, très difficiles nous a montré quelle humanité l’habite. Et elle qui aime tant lire, a écrit un livre passionnant. Elle possède en effet un vrai don d’écriture et d’analyse qui s’est encore développé dans la deuxième version, maintenant disponible sous le titre « Régine Crespin, à la scène, à la ville ». C’est en fait cette même leçon d’humanité qui a toujours été présente dans son incarnation des personnages les plus divers et que nous aimons tant retrouver en l’écoutant, heureusement pour toujours.

Une histoire incroyable autours de la Walkyrie mérite encore quelques mots. Sieglinde semble être le rôle auquel Régine Crespin s’est le plus identifié, au point de jalouser les collègues qui le chantaient. Elle dut pourtant y renoncer au moins une fois, car elle accepta d’aborder celui de Brünnhilde à la demande du grand Herbert Von Karajan qui voulait monter son Ring au festival de Salzbourg pour le festival de Paques en 1967. Il avait dirigé Crespin en Sieglinde mais il voulait une Brünnhilde humaine et fraternelle. Il ne pouvait pas mieux choisir. Et c’est ainsi que Crespin est pour l’éternité à la fois la plus féminine des Sieglinde dans la version de référence du Ring dirigée par Solti, et une Brünnhilde extraordinairement humaine dans la Walkyrie tout en subtilité de Karajan avec l’orchestre philharmonique de Berlin. Sa Walkyrie fut parfois mal comprise en 1967. Mais si on prend la peine d’écouter cette merveilleuse version on entend des choses que personne d’autre n’a pu révéler. Aucune froideur, une simplicité de ton déconcertante, une évidence inouïe. Brünnhilde est constamment du coté des humains, elle les comprend mieux que les dieux. Elle est la fille sensible de Wotan, jamais une furie guerrière. Qui a mis tant de pudeur et d’humilité dans l’annonce de la mort à Siegmund ? Qui d’autre fait face à Wotan sans l’affronter, et lui montre le chemin de l’amour avec cette évidence du cœur ? Merci Régine Crespin ! Merci monsieur Karajan !

Le jour de vos quatre-vingt ans, pour ce don de vous toute entière à votre public : Bravo madame, chapeau bas et surtout MERCI. Mais il est une autre partie de votre vie dans laquelle vous avez tout donné avec cette générosité qui vous habite, c’est votre classe de chant au Conservatoire National Supérieur de Paris où vous avez enseigné durant 17 ans ! Et pas un enseignement distant de Star, non 5 ou 6 heures d’affilée trois fois par semaine ! Vos nombreux élèves disent tout ce qu’ils vous doivent et le public reconnaît en certains, des qualités bien à vous… qu’ils adorent retrouver. Pour tout cela merci aussi.

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