Concerts, La Scène, Musique symphonique

Cycle Schumann, concert de clôture

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 16-II-2007. Robert Schumann (1810-1856) : Introduction et Allegro appassionato pour piano et orchestre en sol majeur op. 92 ; Introduction et Allegro de concert pour piano et orchestre en ré mineur op. 134 ; Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur op. 129 ; Symphonie n° 4 en ré mineur op. 120. David Fray, piano ; Xavier Phillips, violoncelle. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur

, et

Pour ce concert de clôture du cycle Schumann, , à son habitude, sollicita ce vendredi soir deux jeunes talents qui ont une fois encore servi de manière admirable le maître allemand.

C’est au plus jeune artiste, le pianiste , que l’on confia l’ouverture de cette soirée, tâche difficile de surcroît lorsqu’il s’est agi d’interpréter des œuvres se faisant plus discrètes dans la production Schumanienne et peu joués publiquement : l’Introduction et allegro appassionato et l’Introduction et allegro de concert. Si dans ces deux pages concertantes la virtuosité est sollicitée, le rôle du piano est plus discret relativement au Concerto pour piano et orchestre en la mineur, plus fusionnel. Ainsi il était difficile de se faire comprendre du public face à un tel matériau sonore dans lequel toute séduction susceptible d’être exercée en amont était exclue. David Fray a pourtant su éveiller l’intérêt d’une telle partition et nous transmettre la finesse de son écoute. D’une intelligence musicale redoutable doublée d’une technicité sans faille, la rondeur de son jeu était merveilleusement adaptée au tourment schumannien. Son écoute quasi-maniaque de l’orchestre témoignait d’une grande recherche sonore, dont la manifestation la plus flagrante apparaissait dans la cadence de l’Introduction et allegro de concert.

, lui, bénéficiait d’une page bien plus attendue puisqu’il s’agissait du Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur. Élaboré alors que le compositeur était en proie à des hallucinations auditives, l’œuvre ne fait aucune concession à la virtuosité sans en être pour autant moins poignante. Ce qui nous a séduit d’emblée chez ce second soliste, c’est sa grande capacité à se détacher de l’orchestre. D’une justesse exemplaire, son jeu très proche du chant semblait, tout comme celui-ci, rythmé par les respirations.

Chronologiquement, la Symphonie n°4 de Schumann est en fait la deuxième composée en hommage à la jeune Clara (le thème exposé dans le premier mouvement et repris dans le dernier correspond à l’anagramme de son prénom). Les quatre mouvements s’enchaînent et les thèmes s’y déplacent continuellement Est-ce l’émulation provoquée par nos deux solistes ou la proximité dont fait preuve Kurt Masur à l’égard de Schumann, mais l’orchestre sonnait merveilleusement ce vendredi soir. Il nous semblait que Schumann ne pouvait pas être entendu autrement tant la justesse les choix interprétatifs était évidente, tant les moindres détails de cette partition très dense étaient exploités.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 16-II-2007. Robert Schumann (1810-1856) : Introduction et Allegro appassionato pour piano et orchestre en sol majeur op. 92 ; Introduction et Allegro de concert pour piano et orchestre en ré mineur op. 134 ; Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur op. 129 ; Symphonie n° 4 en ré mineur op. 120. David Fray, piano ; Xavier Phillips, violoncelle. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur

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