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Grandeur et misère des relectures contemporaines

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Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Alceste. Mise en scène : Jossi Wieler et Sergio Morabito ; décors et costumes : Anna Viebrock. Réalisation : Nele Münchmeyer. Avec : Donald Kaasch, Admète ; Catherine Naglestad, Alceste ; Bernhard Schneider, Évandre ; Johann Rydh, Grand Prêtre, Thanatos ; Nam So Kim, la voix de l’Oracle ; Motti Kastón, Apollo ; Michael Ebbecke, Hercules ; Wolfgang Probst ; Un Héraut. Chœur du Staatsoper de Stuttgart, direction : Michael Alber ; Orchestre du Staatsoper de Stuttgart, direction : Constantinos Carydis. 1 DVD Arthaus 101 251. Enregistré en avril 2006. Toutes zones. Format image : 16 : 9. Sous-titrage en anglais, allemand, français, espagnol et italien. Durée : 165’’

 

Le Staatsoper de Stuttgart est comme nous avions constaté lors de notre visite estivale (pour Otello et Aenas in Kartagho) un des temples du Regietheater allemand, qui cherche une actualisation à outrance dans les œuvres du passé. Si pour certaines œuvres comme Otello scénographié par Martin Kusej, cela pouvait s’avérer salvateur, il y a des partitions qui subissent mal le sort de la modernisation, à l’image de cette pauvre Alceste de Gluck, massacrée par une mise en scène sans idées et sans logique. Assez en vogue sur les scènes germaniques et sont des disciples de . Avec un peu de méchanceté on pourrait les qualifier de clones laborieux de leur maître. Lancés par une mise en scène assez exceptionnelle d’Ariadne auf Naxos de au Festival de Salzburg 2001, le binôme de metteurs en scène semble ces derniers temps accumuler les bourdes : notamment un Lucio Silla d’une rare médiocrité et une Trilogie Mozart-Da Ponte décevante à Amsterdam.

Dès les premières images, l’œil est replongé dans l’éternelle esthétique années 1970 tirée des décors d’. Le spectateur semble plongé au cœur d’une réunion d’une secte évangéliste, d’où émerge le drame d’Alceste et d’Admète. Si l’acte I, peut sembler correct et dégage une certaine grandeur qui sied aux personnages, il en va tout autrement de l’acte II qui semble le placage du précédent acte avec une Alceste intensément seule face au chœur «antique» des choristes et des figurants. L’acte III est le gros point noir de cette production. Certaines situations sont risibles : Evandre vole des médicaments (des anti-dépresseurs) dans un sac à main et Apollo ressemble à Jésus-Christ. Mais le pire résulte dans le traitement infligé à Hercules, transformé en oncle gâteau de retour de voyage à son arrivée au palais royal puis en Fantômas (version Jean Marais et Louis de Funès !) lorsqu’il règle le compte des dieux ! Dans cet univers mi-glauque, mi-comique, où le drame cède au risible, la direction d’acteur est aussi inexistante que prévisible.

Fort heureusement la réalisation musicale est d’une toute autre envergure. Dans la fosse, le jeune , l’un des chefs associé à l’Opéra de Stuttgart fait des miracles de tension et de musicalité à la tête d’un orchestre pugnace et conquérant. La charismatique ne fait qu’une bouchée vocale d’un rôle pour lequel elle apparaît surdimensionnée. L’imposant est un Admète de style au le timbre délicat. Le reste de la distribution composée des chanteurs issus de la troupe de l’Opéra de Stuttgart montre le haut niveau de cet ensemble, même si l’on peut incontestablement trouver mieux ailleurs. Alors qu’aucun de ces chanteurs n’est francophone, il faut saluer leur prononciation tout à fait convenable.

Un spectacle musicalement intéressant mais scéniquement indéfendable. En DVD, on restera fidèle au miraculeux spectacle de Robert Wilson (Arthaus) et superbement dirigé par Gardiner.

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Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Alceste. Mise en scène : Jossi Wieler et Sergio Morabito ; décors et costumes : Anna Viebrock. Réalisation : Nele Münchmeyer. Avec : Donald Kaasch, Admète ; Catherine Naglestad, Alceste ; Bernhard Schneider, Évandre ; Johann Rydh, Grand Prêtre, Thanatos ; Nam So Kim, la voix de l’Oracle ; Motti Kastón, Apollo ; Michael Ebbecke, Hercules ; Wolfgang Probst ; Un Héraut. Chœur du Staatsoper de Stuttgart, direction : Michael Alber ; Orchestre du Staatsoper de Stuttgart, direction : Constantinos Carydis. 1 DVD Arthaus 101 251. Enregistré en avril 2006. Toutes zones. Format image : 16 : 9. Sous-titrage en anglais, allemand, français, espagnol et italien. Durée : 165’’

 
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