Concerto de Dvořák flamboyant par Suzanne Ramon

À emporter, CD, Musique symphonique

Antonín Dvořák (1841-1904) : Concerto pour violoncelle ; Silent Woods from « The Bohemian Forest » ; Alexandre Glazounov (1865-1936) : Chant du Ménestrel op. 71 ; Serge Kaufmann (né en 1930) : Cantabile pour violoncelle et orchestre. Suzanne Ramon, violoncelle ; Orchestre Philharmonique de Russie, direction : Constantine Orbelian. 1 CD Arkès AMDG038. Enregistré en juin 2006 à Moscou au grand Auditorium Tchaïkovski. Texte en anglais et français. Durée : 57’

 

Après un enregistrement live du Concerto de Schumann avec l’Orchestre Symphonique de Budapest (1 CD Arkès AMDG037), et l’Orchestre Philharmonique de Russie dirigé par Constantin Orbélian nous offrent dans un nouvel album une version flamboyante du Concerto d’ complété par quelques pièces pour violoncelle et orchestre destinées à mettre en valeur les qualités molto cantabile de son instrument – un magnifique Guarnerius de 1690 – dont l’interprète fait valoir la dimension expressive et chaleureuse de la sonorité.

On est d’emblée frappé par l’énergie que insuffle au premier mouvement du Concerto qu’elle aborde avec une ferveur et une générosité de son qui ne va jamais faiblir. Flexibilité et vigueur de la sonorité dans un premier thème très enlevé qui s’oppose à la vocalité et la tendresse infinie – presque trop alanguie – du second : une sensibilité à fleur d’archet et une propension à chanter à cœur ouvert que l’on retrouve dans l’émouvant deuxième mouvement, alors que l’allure rapsodique du troisième fait jaillir des couleurs très différenciées que l’orchestre rehausse dans un dialogue d’une grande vivacité.

« Bois silencieux » extrait de La forêt de Bohême du même Dvořák est à l’origine écrit pour deux pianos ; l’équilibre entre le violoncelle et l’orchestre dans la transcription qu’en fait le compositeur est ici idéal et laisse s’épanouir l’ample sonorité du violoncelle auréolée ou prolongée par celle de l’orchestre dans un climat poétique et aérien qu’aucune ombre ne vient ternir.

Sentimental et un rien superficiel, « une plaisanterie de salon de haute volée » comme on a pu le dire, Le chant du Ménestrel de Glazounov n’échappe pas à une certaine mièvrerie soulignée par la tendance fâcheuse à « s’épancher » qu’ont ici les interprètes.

On reste dans la veine lyrique et la tradition romantique avec Cantabile pour violoncelle et orchestre de , première pièce d’un cycle de trois « chants » dédiée à Suzanne Ramon refermant cet album sur la sonorité ronde et ambrée du Guarnerius de l’interprète qui sollicite ici toute la puissance de son lyrisme intérieur.

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