Berlioz intègre par Pierre-René Serna

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Berlioz de B à Z. Pierre-René Serna. Editions Van de Velde, Paris. 263 pages. 20, 00 €. ISBN 2-85868-379-4. Juin 2006.

 

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«Puiser aux sources et rétablir des vérités oubliées» : Voilà deux directions revendiquées par l’auteur de «Berlioz de B à Z» qui nous rappelle d’abord que c’est Berlioz et non Brahms – comme l’a très justement corrigé Hans von Bülow – qui figure après Bach et Beethoven en troisième position de ce «panthéon filial des grands hommes de la musique». C’est une mise au point de taille qui amorce du même coup ce bécédaire superbement documenté et sur laquelle Pierre-René Serna insiste en désignant tout au long de l’ouvrage son héros de son unique initiale.

Avec une soixantaine d’entrées visitant dans le détail – et l’imprévu – le domaine public et privé d’, c’est un glossaire qui aborde de manière originale et pourtant systématique l’étude de l’homme et de son œuvre sur un ton on ne peut plus pertinent, laissant constamment transpirer les humeurs du musicien et la flamme ardente qui habite ce passionné tourmenté à qui Pierre-René Serna donne bien souvent la parole.

Le B de Berlioz rebondit sur une «Berliographie» et un «Berliozisme», «un mouvement sans frontière» nous dit l’auteur qui est «affinité élective, état de l’âme, interprétation du monde qui nous enseigne la beauté sceptique, comme une lueur éblouissante dans un univers sans lumière» : une raison peut-être d’admettre dans le sillage putatif du maître français des personnalités comme Bruckner et Brahms…

A la lettre M, l’article «Médiocrité» est l’occasion de rappeler l’exigeante intransigeance et la verve critique du maître défendant – à l’époque, c’est nouveau – un strict respect de la partition : «Il m’est en conséquence excessivement douloureux – précise le Maître en toute modestie – d’entendre la plupart de mes compositions exécutées sous une direction autre que la mienne».

Pierre-René Serna opte dans «Œuvre, répertoire» pour une classification originale des œuvres de Berlioz selon leur lieu d’exécution, une solution fort commode compte tenu de la difficulté de classer par genre des partitions qui en excèdent bien souvent la limite.

Enfin, et c’est l’avantage du glossaire, l’ouvrage pointe certaines raretés telle cette Zaïde pour soprano et piano – ou orchestre – et castagnettes ad libitum, une espagnolade d’à peine quatre minutes sur un rythme de séguedille que notre auteur, dans le feu de son enthousiasme, n’hésite pas à considérer comme «une petite Zarzuela» : un rien d’excès dans le propos que Berlioz n’aurait certes pas désavoué ! Une élégance de plume et une autorité de jugement qui honorent son auteur…un ouvrage à lire absolument !

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