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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°2 en do mineur « Résurrection ». Lisa Milne, soprano. Birgit Remmert, alto. Chœur de la Radio Hongroise (chef de chœur  : Kalman Strausz). Orchestre du Festival de Budapest, direction : Iván Fischer. 2 SACD Channel Classics CCS SA 23506. Enregistré en septembre 2005 au Palais des Arts de Budapest. Bonne notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée totale : 81’52.

 

Malgré son insuccès dans d’autres genres musicaux, on peut se réjouir que le format SACD soit en passe de devenir la nouvelle norme pour les enregistrements symphoniques, et les chef-d’œuvres de Mahler sont des monuments sonores idéaux pour mesurer tout le potentiel de cette nouvelle technologie. Certes, l’émotion du concert sera toujours un vécu unique et incomparable, mais la pureté du son DSD et sa dimension spatialisée génèrent une expérience musicale inédite où, pour la première fois sur disque, on a réellement l’impression d’être dans l’orchestre, ici submergés par la puissance de l’harmonie mahlérienne…

Mais une technologie ne serait rien sans le talent des acteurs qui l’utilisent, et on peut congratuler et son Budapest Festival Orchestra d’avoir enregistré une « deuxième » de Mahler très ample et soignée jusque dans les entrailles les plus subtiles de la partition. Particulièrement impressionnant est ce « fernorchester » du Finale qui semble être placé à des kilomètres de l’orchestre principal, avec ces cors qui retransmettent le « cri du désert », appel annonçant le Jugement Dernier, provoquant le déchaînement des hommes paniqués et apeurés par l’issue de la sentence divine.

L’orchestre brille d’un soyeux richement coloré, avec à chaque mesure un souci de clarté et de précision, un contraste saisissant dans les dynamiques. La première intervention triple pianissimo du chœur est absolument magique, faisant suite au dialogue d’une rare pureté entre le chant du rossignol à la flûte et le dernier appel distant des cors.

Mais Fischer semble être davantage préoccupé par la profusion des lignes intérieures que l’exagération des effets cosmo-dramatiques, et malgré la beauté du son, l’énergie finale de la Résurrection si longtemps retenue par Mahler n’éclate pas autant qu’on l’aurait espéré, même si cette conclusion reste toujours l’un des moments les plus grandioses de tout le répertoire symphonique.

Aussi, on regrette beaucoup un Urlicht dénué d’émotion, l’alto Birgit Remmert chantant d’une voix exagérément tremblante et presque forcée, ce qui ôte toute la magie de cet immortel moment mahlérien.

Après une Symphonie n°6 fort belle et réussie, le chef, fondateur du Budapest Festival Orchestra dans les années 80, poursuit donc son intégrale Mahler avec cette Résurrection qu’il faut sans doute savourer avant toute chose pour sa qualité de son et d’enregistrement. Mais l’interprétation de Fischer a son originalité, et peut revendiquer sa place à hauteur des nombreuses autres très bonnes versions discographiques de ce monument symphonique.

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°2 en do mineur « Résurrection ». Lisa Milne, soprano. Birgit Remmert, alto. Chœur de la Radio Hongroise (chef de chœur  : Kalman Strausz). Orchestre du Festival de Budapest, direction : Iván Fischer. 2 SACD Channel Classics CCS SA 23506. Enregistré en septembre 2005 au Palais des Arts de Budapest. Bonne notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée totale : 81’52.

 
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