Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Roberto Vecchioni, l’essence sonore des mots

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Paris. Institut Culturel Italien. 30-III-2007. Roberto Vecchioni (né en 1943) : Le libraire de Sélinonte ; Les lettres d’amour (chevalier de pas) ; Les femmes que j’ai aimées ; Ma fille ; Samarcande ; La gare de Zima ; La beauté (Gustav et Tadzio) ; Viole d’hiver ; Bandolero ; Lumières à San Siro. Roberto Vecchioni, voix et guitare. Ilaria Biagini, piano et flûte.


Il y a des chansons qu’on a entendues et chantées mille fois mais qui cependant se reproposent à notre écoute comme une magie toujours renouvelée. Tel est l’effet des poésies sonores de  : un poète de la chanson italienne, un intellectuel, un musicien. Ses chansons sont la mise en musique de ses poésies. Son art est l’art de donner une essence sonore aux mots, de faire sortir la poésie de la page pour faire éclater l’écrit.

Le récital de a atteint la dimension parfaite du spectacle, expression de synthèse entre la poésie, la musique et le mime, ou encore entre la parole (expression rationnelle), le son (expression sentimentale) et le geste (expression corporelle). Un voyage à travers les plus grands succès musicaux de sa carrière à partir de la dernière création, Le libraire de Sélinonte, qui donne le titre au même livre récemment paru en France, jusqu’à son cheval de bataille, Lumières à San Siro. La musique a été l’élément central et unificateur de littérature et théâtre. Vecchioni, avec une maitrise parfaite de la scène, a su dessiner dans l’air, grâce à la force de sa simple gestualité, les mots superbes de ses poésies qui placent l’intérêt de l’homme pour la musique dans la «nostalgie» du temps. Un temps qui passe inexorable, signé par le rêve, la beauté et la liberté.

Les premières chansons racontent des événements de la vie privée du chanteur, qui retrouve dans la solitude amoureuse de Fernando Pessoa, par exemple, les circonstances de ses tourments d’amour, de ses lettres imaginées et jamais écrites. D’autres, comme La gare de Zima, sont métaphores de la condition existentielle de l’homme toujours suspendue entre la matérialité d’ici-bas et l’attente d’un au-delà «effroyablement grand». Vecchioni puise principalement sa source d’inspiration dans ses rencontres sonores avec la nature et avec l’environnement familier enregistré dans son intimité quotidienne. Déambulant tout près du public tout en commentant dans un mi-voix introspectif ce qu’il a observé autour de lui, il plonge l’auditeur dans un voyage intérieur de rêves et de souvenirs. Ses mots, «comme une musique en soie» touchent au cœur. Sa voix empreinte d’idéal et de spiritualité, révèle la sensibilité d’un homme dont le but artistique n’est pas la simple fixation sonore de la poésie écrite, mais l’émergence d’un art poétique essentiellement sonore.

Crédit photographique : © Giovanni Canitano

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Paris. Institut Culturel Italien. 30-III-2007. Roberto Vecchioni (né en 1943) : Le libraire de Sélinonte ; Les lettres d’amour (chevalier de pas) ; Les femmes que j’ai aimées ; Ma fille ; Samarcande ; La gare de Zima ; La beauté (Gustav et Tadzio) ; Viole d’hiver ; Bandolero ; Lumières à San Siro. Roberto Vecchioni, voix et guitare. Ilaria Biagini, piano et flûte.

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