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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°7 et n°9. Staatskapelle Berlin, direction : Daniel Barenboim 2 CD Warner Classics 2564 62963-2 et 2564 64316-2. Enregistré à la Philharmonie de Berlin en février 2005 et novembre 2006. Notice de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 74’37’’et 77’58’’

 

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En matière d’interprétation des œuvres de , n’était pas un chef au pedigree des plus imposants. Ni son disque de lieder avec Waltraud Meier et l’Orchestre de Paris, ni son Lied von der Erde où l’orchestre de Chicago accompagne la même Waltraud Meier et Siegfried Jérusalem ne sont des références. Quant à Symphonie n°5 avec son ancien orchestre de Chicago, elle est tout simplement l’une des plus mauvaises versions du catalogue ! C’est dire que l’annonce d’une nouvelle intégrale de l’œuvre mahlérienne par le chef israélien et son orchestre de l’opéra de Berlin, nous avait laissé de bois. Pourtant, alors que personne ne semblait s’y attendre, les deux premiers volets de cette aventure sont d’immenses réussites.

La Symphonie n°7 s’impose d’emblée au sommet d’une discographie pourtant riche de très nombreuses références : Bernstein (DGG), Kondrashin (Melodiya), Solti (Decca), Tennstedt (EMI)…Mais Barenboim réussit à imposer une urgence absolue alliée à une clarté narrative originale. S’appuyant sur un orchestre magistral de précision et de virtuosité, le chef tend le discours à l’extrême, emportant le tout dans des tempi assez enragés. Sans le pessimisme de Bernstein ou de Tennstedt, l’urgence prédomine à travers cette interprétation. Mais le principal attrait de cette version est la véritable radiographie à laquelle est soumise l’orchestration. Barenboim sait équilibrer les tutti et les soli permettant à l’oreille de se plonger dans un océan de détails d’orchestration. Les mouvements centraux sont à ce jeu-là des merveilles avec les piaffements acidulés des vents et les éclats des cuivres. Sans temps morts, ni tunnels, cette nouvelle version titanesque, presque inhumaine, est une incroyable découverte et l’un des plus hauts sommets de la discographie pléthorique et souvent peu inspirée de l’artiste.

Le cas de la Symphonie n°9 est tout aussi éloquent. Refusant tout pathos facile ou toute émotion superflue. Le chef favorise la fluidité du discours, la luminosité et la violence des contrastes. Le premier mouvement sort brassé de ce traitement anti-émotif et ultra-virtuose ; les mouvements centraux sont sculptés par un héroïsme d’épopée alors que le long adagio final est décanté avec poésie et légèreté. Prise seule, sans l’audition de la Symphonie n°7, cette approche clinique au scalpel, résolument anti-sentimentale, a de quoi décontenancer les mahlériens attachés à leurs interprétations favorites, mais Barenboïm à la mériter d’ouvrir des perspectives intéressantes dans des symphonies archi-rebattues par les orchestres mondiaux. Il faut également ajouter que le fini technique de ces disques est superlatif avec des prises de son de démonstration. C’est peu dire que l’on attend la suite !

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°7 et n°9. Staatskapelle Berlin, direction : Daniel Barenboim 2 CD Warner Classics 2564 62963-2 et 2564 64316-2. Enregistré à la Philharmonie de Berlin en février 2005 et novembre 2006. Notice de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 74’37’’et 77’58’’

 
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