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Brahms de cathédrale par Christian Thielemann

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Ludwig van Beethoven (1778-1827) : Egmont, ouverture op. 68. Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°1 un ut mineur. Orchestre philharmonique de Munich, direction : Christian Thielemann. 1 CD Deutsche Grammophon 477 6404. Enregistré en concert à la Philharmonie im Gasteig de Munich en juin 2005. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 60’44’’

 

Le chef d’orchestre est incontestablement une personnalité charismatique lire ici la chronique d’un concert bruxellois avec la Philharmonie de Vienne. Il connaît son métier et il s’avère capable de jouer avec les textures et les solistes de son orchestre, tel un virtuose devant son clavier. Cependant, aucun de ses témoignages discographiques essentiellement concentrés sur le « grand » répertoire allemand n’a pour l’instant marqué de façon définitive la discographie. Ce n’est pas cet album qui lui permettra de gravir les marches de l’olympe discographique !

Le Brahms de Thielemann est assez curieux. Marquée par des tempi très lents (18’11 minutes pour le seul premier mouvement) et construite à partir de lignes de basses puissamment sculptées, cette vision est austère et crépusculaire. On ne trouvera pas l’énergie irradiante de Bernstein, le ton spirituel de Giulini ou les lumières quasi méditerranéennes d’Abbado mais, une obscurité qui fait penser aux ruines perdues de Caspar David Friedrich. Le ton est d’emblée pessimiste et abandonné. Ce Brahms granitique ne manque pas d’héroïsme et les mouvements extrêmes, bien tenus, progressent avec élan : le début du dernier mouvement est même très réussi avec un beau travail sur les phrasés. Cependant, on regrette une gestion pas toujours heureuse du rubato avec des transitions entre les thèmes assez mal négociées. L’interprétation du chef montre ses limites dans les mouvements centraux. Beaucoup trop intellectualisée, cette conception n’arrive pas à captiver et l’on perd assez fréquemment le fil conducteur des idées. L’orchestre de Munich, enregistré en concert, livre pourtant une magnifique prestation faisant preuve de dynamisme, de puissance, et d’une redoutable précision chez les vents et dans les attaques des cuivres alors que le timbalier est assez en verve.

Destinée à compléter le minutage, l’ouverture Egmont tombe à plat dès les premières mesures ! Bourré d’intentions, ce traitement plombe cette interprétation sans souffle et sans élan. C’est peu dire qu’on est ici très loin de ce que Fürtwangler obtenait dans cette pièce !

On connaît, depuis les témoignages de Celibidache édités par EMI, la fort décevante acoustique de la Philharmonie du Gasteig à Munich. L’orchestre sonne gris et mat et la restitution n’est absolument pas naturelle ! Ce qui ne contribue pas à donner quelques couleurs à ces interprétations élaborées mais barrées par une concurrence vertigineuse.

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Ludwig van Beethoven (1778-1827) : Egmont, ouverture op. 68. Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°1 un ut mineur. Orchestre philharmonique de Munich, direction : Christian Thielemann. 1 CD Deutsche Grammophon 477 6404. Enregistré en concert à la Philharmonie im Gasteig de Munich en juin 2005. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 60’44’’

 
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