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Liège. Salle Philharmonique. 13-V-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : 21 danses hongroises, pour piano à 4 mains ; Ouverture tragique ; Symphonie n°2 en ré majeur op. 73. Guy Penson, Sylvia Bernier, piano ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée

Festival Brahms

Faisant suite aux musiques des Ballets russes, le second festival de la saison de l’Orchestre Philharmonique de Liège était dédié à . Un choix consensuel et grand public capable de rassurer un public liégeois souvent décrit, à raison, comme assez conservateur dans ses options de fréquentation. L’affiche était intéressante car elle voyait le retour de à la tête de son ancien orchestre. Le chef français était pour l’occasion accompagné de quelques stars : Vadim Repin, Nicolas Angelich et Benedetto Lupo qui remplaçait Nelson Freire indisposé.

Ce dernier après midi de concert du festival s’ouvrait par l’interprétation de l’intégrale des Danses hongroises sous les doigts du duo belge Guy Penson et Sylvia Bernier. Refusant tout effet spectaculaire, les pianistes se concentrent sur la musicalité naturelle et la poésie de ces pièces. Ce Brahms chantant et coulant est un excellent moment.

Après une grosse heure de pause, l’orchestre monte sur le podium avec deux partitions symphoniques. Dans un intéressant entretien publié dans le programme, affirme son souhait de rompre avec une certaine tradition d’interprétation. Considérant que depuis la seconde guerre mondiale, les tempi brahmsiens s’alanguissent, transformant les pages du maître en symphonies « vénérables et austères », le chef d’orchestre affirme sa volonté de renouer avec un Brahms sanguin et incisif. Il faut noter qu’il conduit un effectif de cordes légèrement réduit par rapport à la norme contemporaine.

Prenant la partition à bras le corps, Louis Langrée surprend dès les premières notes de l’Ouverture Tragique. Ce Brahms tempétueux et brassé sonne comme un orage symphonique. Ce torrent dévastateur accorde pourtant des moments lumineux et suspendus. La Symphonie n°2 subit le même traitement. Dans des tempi dynamités, Louis Langrée parvient tout de même à obtenir une impressionnante clarté des harmonies dont les différentes lignes s’imbriquent idéalement. Le premier mouvement est merveilleusement allant alors que le second mouvement, lui aussi assez rapide, prend le temps d’installer de très beaux climax. L’Allegretto grazioso, est souple et dansant. Le dernier mouvement est plus problématique et s’accommode moins bien de cette course à l’abîme. Ce n’est plus le Brahms nostalgique et pastoral de nombre d’interprètes, mais un Brahms bon vivant qui s’enivre et s’esclaffe en buvant de la bière dans une auberge de village. Cette interprétation se caractérise par une joie de vivre, une luminosité et une énergie véritablement communicative.

L’orchestre tient le choc, là ou nombre de phalanges explosent en vol (surtout dans le dernier mouvement qui quand il n’est pas tenu vire au feu d’artifice !). Le son des cordes est fin et incisif, les bois sont fruités et les cuivres redoutablement précis avec des attaques franches et nettes (et elles sont nombreuses à les mettre à découvert dans cette symphonie !). Il faut donc accorder une mention « très bien » à cette vision de Brahms et l’on se réjouit d’entendre l’année prochaine, la seconde partie de cette aventure, à l’occasion d’un second week-end thématique « Aimez-vous Brahms ? ».

Crédit photographique : © DR

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Liège. Salle Philharmonique. 13-V-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : 21 danses hongroises, pour piano à 4 mains ; Ouverture tragique ; Symphonie n°2 en ré majeur op. 73. Guy Penson, Sylvia Bernier, piano ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée

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