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Bernard Foccroulle joue Buxtehude

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Dietrich Buxtehude (1637-1707) : L’œuvre pour orgue. Bernard Foccroulle aux orgues historiques de Groningen, Helsingor, Norden, Stockholm et Hoogstraten. 5 CDs Ricercar RIC 250. Enregistré en 2003, 2004 et 2006. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée totale : 6 h 50.

 

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2007 commémore la disparition voici tout juste 300 ans, le 9 mai 1707, de l’un des plus grands maîtres baroques de l’Allemagne du Nord. Déjà de nombreuses réalisations discographiques ont vu le jour depuis peu, en particulier l’édition « Buxtehude Opera omnia » (30 Cds) en cours de parution chez Challenge Records, et sous la houlette de Ton Koopman.

En cette année anniversaire, le grand organiste belge se devait de proposer sa version de l’œuvre d’orgue. C’est la partie de l’œuvre de Buxtehude la plus connue, révélée aux mélomanes par les microsillons de Fin Videro dès les années 60 (Valois). , organiste de la Marien Kirche de Lübeck, sera visité à de nombreuses reprises par divers interprètes soucieux de retrouver l’esprit de cette musique, en général aux travers d’orgues historiques du Nord de l’Europe. Marie-Claire Alain (Erato), René Saorgin (Harmonia Mundi), Walter Kraft (Vox), proposeront en leur temps leur intégrale.

Plus tard c’est Michel Chapuis (Valois) et Harald Vogel (MDG) qui feront figure de phares dans l’interprétation « buxtehudienne », le premier mettant en avant le côté latin et méridional, le second l’aspect plus nordique et ascétique. D’autres suivront magnifiquement comme Jean-Charles Ablitzer (Harmonic Records), Helga Schauerte (Syrius), Olivier Vernet (Ligia digital) ou Hans Davidson (Loft Records). Par sa version nouvelle, se situe à la croisée des chemins, aboutissant à une synthèse des connaissances et des styles, forgeant sa propre vision, très Apollinienne : Tout est solidement construit, un choix d’orgues historiques, connus ou pas, mais tous rutilant de ces sonorités fruitées, caractéristiques de l’école de Arp Schnitger. Une registration puisant ses idées dans les textes, les jeux, et se référant aux compositeurs des générations précédentes (Sweelinck), sans trop penser à Bach qui viendra après.

Le geste de Foccroulle est rhétorique, sans exagération : c’est du dessin au trait, précis, incisif, efficace. Chacun des cinq disques utilise un orgue différent, ce qui apporte une variété de timbres agréable à l’écoute. Les prises de son de Jérôme Lejeune sont précises, sans écraser les timbres : tout respire convenablement.

Voici donc une vision actuelle de cette musique, bénéficiant de 50 ans de recherches sur les textes, les orgues, leurs restaurations, les registrations. Quelques énigmes demeurent encore sur la répartition exacte du pédalier dans la polyphonie, et du tempérament exact utilisé pour chaque pièce, l’avenir répondra peut-être à ces interrogations, la musique est ici chaque jour (re)découverte, c’est ce qui fait l’un de ses attraits.

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Dietrich Buxtehude (1637-1707) : L’œuvre pour orgue. Bernard Foccroulle aux orgues historiques de Groningen, Helsingor, Norden, Stockholm et Hoogstraten. 5 CDs Ricercar RIC 250. Enregistré en 2003, 2004 et 2006. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée totale : 6 h 50.

 
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