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Monteverdi et « la musique de son temps » : bien trop sage…

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Claudio Monteverdi (1567-1643) : Airs tirés des Scherzi musicali et autres textes profanes (dont Lamento d’Arianna), complétés de quelques pièces instrumentales de divers compositeurs de son époque. Roberta Invernizzi, Soprano, Academia Strumentale Italiana, direction Alberto Rasi. 1 CD Stradivarius STRAD 33562 Série Echo. Enregistré du 6 au 10 novembre 1999. Notice (succinctes) en anglais ; pas de texte des airs. Durée : 60’36’’

 

Comme Monteverdi a de la chance et comme les amateurs d’art vocal peuvent se réjouir! En effet, nombreux sont les récitals de musique profane de Monteverdi qui nous sont proposés ces temps-ci. Ce récital déjà ancien ne portera pas d’ombre aux « voix d’opéra » qui se sont emparées de l’œuvre vocale du grand Crémonais, tels Anna Caterina Antonacci ou Rolando Villazon.

La délicate voix acidulée de ne saurait rivaliser avec ces voix d’or. Non, elle se place plutôt sur le terrain de Maria Cristina Kiehr qui offrait, en 2005, un récital « Scherzi Musicali » raffiné. Force est de constater, après une écoute attentive, que le charme ne prend pas bien dans le récital de 1999. Il n’y a aucune faute de goût, le style est impeccable, la voix est bien placée et son agilité fait mouche. Ce qui manque, c’est l’émotion et la personnalité. Ces pièces, parmi les plus charmantes et les plus émouvantes de Monteverdi, sont toutes parfaitement chantées mais de manière semblable, entraînant une certaine lassitude. La voix n’est en fait pas assez colorée pour le Lamento d’Arianna, pas assez joyeuse et espiègle dans Ohimé ch’io cado et Quel sguardo sdegnosetto, pour ne parler que des pièces les plus célèbres. Même le divin Si dolce e il tormento, pièce irrésistible s’il en est, ennuie ici !

Les instrumentistes de l’Academia Strumentale Italina sont tous excellents, et les œuvres instrumentale intercalées, qui ne sont pas de la main de Monteverdi, sont très bien choisies. Elles mettent bien en valeur chaque instrument et la virtuosité des interprètes. Les couleurs sont étudiées, la variété intéresse l’oreille. Mais lorsque revient le chant, la séduction qui devrait alors se déployer, n’opère pas.

Bref, un récital simplement agréable, quand d’autres, dans ces chefs -d’œuvres, passionnent ou irritent. A ne conseiller qu’aux amateurs de versions « sages », susceptible cependant de séduire, et même d’émouvoir. Ou encore pour le collectionneur qui cherchera les rares Perché se m’odiavi, La mia Turca, Eri già tutta mia et autres Ed è pur dunque vero.

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Claudio Monteverdi (1567-1643) : Airs tirés des Scherzi musicali et autres textes profanes (dont Lamento d’Arianna), complétés de quelques pièces instrumentales de divers compositeurs de son époque. Roberta Invernizzi, Soprano, Academia Strumentale Italiana, direction Alberto Rasi. 1 CD Stradivarius STRAD 33562 Série Echo. Enregistré du 6 au 10 novembre 1999. Notice (succinctes) en anglais ; pas de texte des airs. Durée : 60’36’’

 
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