Resmusica Rouge

Cris romantiques

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Auvers-sur-Oise. Eglise. 27-V-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : Zwei Motteten op. 74 ; Geistlisches lied op. 30 ; Fest-und Gedenksprüche op. 109 ; Choral « Herzlich tut mich erfreuen » op. 122 n°4. Igor Ballereau (né en 1969) : Psaume 70. Robert Schumann (1810-1856) : Missa sacra op. 147. Estelle Corre, mezzo-soprano ; Jean-Baptiste Robin, orgue. Les Cris de Paris, direction : Geoffroy Jourdain

Festival d’Auvers-sur-Oise

C’est sous une météo digne d’un tableau de Caspar David Friedrich que s’est déroulée cette « fenêtre sur chœur n°2 » du Festival d’Auvers-sur-Oise. Quoi de mieux qu’un ciel gris romantique pour un programme romantique ? Au mois de mai on est, certes, en droit de s’attendre à une atmosphère plus printanière …

Considérations météorologiques mises à part, le concert des Cris de Paris, jeune ensemble vocal professionnel, s’ouvrait sur une vision sèche et énergique des motets de Brahms. privilégie toujours un certain élan dramatique, parfois au détriment du legato, dans une articulation qui n’est pas sans rappeler celle du jeu de l’orgue. L’exercice se fait a capella pendant près de 15 minutes, sans que la justesse n’ait eu à en souffrir. Ces particularités, parti pris d’une interprétation tout à la fois originale et respectueuse de la partition, se retrouvent dans les Fest-und Gedenksprüche pour double chœur – encore a capella. Entre ces deux monuments du chant choral, deux anecdotiques pièces de Brahms pour orgue ou chœur et orgue, qui n’apportent rien à la gloire de leur compositeur.

Non prévue au programme initial, se permet une dose de contemporain – un répertoire dans lequel se sont plus d’une fois illustrés – avec le Psaume 70 d’Igor Ballereau, mystérieuse pièce d’écriture polychorale aux effets surprenants. Suit enfin la non moins inattendue Missa sacra de Schumann. Comme toutes les œuvres tardives de ce compositeur, elle est déroutante à plus d’un titre, d’un aspect décousu tout en dégageant une vaste impression de sérénité. Les musiciens – soliste, chef, chœur et orgue – défendent admirablement cette partition qu’ils connaissent bien, donnée l’an passé à Radio-France. Une reprise dans la version orchestrale est prévue pour 2008 avec le Jeune Orchestre Atlantique. savent donner la couleur vocale nécessaire, du véhément Gloria jusqu’à l’angélique Sanctus, aux nuances impalpables. En bis, un motet de Mendelssohn qui une fois de plus démontre la maîtrise de l’a capella de cet ensemble. Mais après un tel concert, était-ce vraiment à prouver ?

Crédit photographique : Cris de Paris © DR

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.