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Musique actuelle, mais pas sans enracinement dans la tradition

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Alain Celo (né en 1960) : Espaces désertiques (2003 : pour flûte, violon, contrebasse et percussion). Le Graoully, dragon messin (2005 : conte musical pour flûte, clarinette, trompette, trombone, violon, contrebasse, percussion et récitant). Ensemble Stravinsky. Direction : Jean-Pierre Pinet. 1 CD Parnassie Editions PAR32. Code barre 3 760 145 56 0025. Enregistrements au studio Parnassie à Cucuron les 15 et 16 avril 2006 (pour Espaces désertiques) et en public au château de Manderen le 18 septembre 2005 (pour Le Graoully). Notice bilingue (français, anglais). Durée : 52’15

 

Avec « Espaces désertiques » offre une composition d’une amplitude sonore et rythmique qui impressionne. D’une flûte entreprenante, conquérante, à un violon sec, presque strident, à la contrebasse et aux percussions qui cadencent un rythme soutenu, parfois endiablé pour ne pas dire furieux, l’œuvre se fait tantôt énigmatique, trouble, mystérieuse, tantôt plus fluide, mais jamais vraiment sereine dirait-on ? Dans ses Espaces désertiques d’ – six zones désertiques de la planète que l’on nous invite à parcourir –, en tout état de cause, on se meut, on s’agite – et les instruments n’ont de cesse de palabrer entre eux. Est-ce le ressenti voulu de mouvements, échanges, circonvolutions aussi fascinants que vertigineux dans des étendues quasi infinies comme autant de découvertes et d’appropriations imaginaires des lieux ?

Une composition très vivante, inventive, et même foisonnante qui donne la part belle aux instrumentistes, non dénouée de sens mélodique qui, au final, offre un moment d’écoute tout à fait agréable.

La seconde œuvre présentée, est cette fois bien ancrée dans le terroir français et particulièrement du côté de la Moselle et de Metz : il s’agit de la narration de la légende du Graoully, dragon messin effroyable, avec ses proportions gigantesques, qui répandait la terreur et la mort dans la cité. Il fut vaincu par Saint Clément, premier évêque de Metz, au IIIe siècle. Le résultat est un conte musical vraiment entraînant où les instruments s’en donnent à cœur joie dans une épopée médiévale digne quasiment d’un François Rabelais ! En quelque sorte, cette pièce répond des mêmes critères que la précédente pour dire vite : quelque chose de foisonnant, très riche et à la conquête d’une singularité mélodique.

Un premier album de « musiques actuelles » – ici actuelle, mais pas sans enracinement dans la tradition – qu’il convient donc de présenter comme une belle réussite.

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