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Rudolf Schock – documents d’archive

À emporter, Actus Prod, CD, Opéra

Franz Lehar (1870-1948) : Das Land des Lächelns. Avec : Rudolf Schock, Prinz Sou-Chong ; Edith Menzel, Lisa ; Werner Olsen, Graf Gustav ; Gertie Kleiber, Mi ; Bruno Falkenberg, Graf Ferdinand ; Hans Eppe, Tschang ; Heinz Kaever, Obereunuch. Chœur et Orchestre du Staatstheater Braunschweig, direction : Ewald Körner. 2 CD Relief CR 2001 code barre 7 619934 20012. Enregistré le 4 mai 1958 au Staatstheater de Braunschweig. Durée : 2 h 14.
Daniel François Esprit Auber (1782-1871) : Fra Diavolo. Avec : Rudolf Schock, Fra Diavolo ; James Pease, Lord Kockburn ; Ursula Zollenkopf, Lady Kockburn ; Ernst August Steinhoff, Lorenzo ; Sigmund Roth, Matteo ; Wilma Lipp, Zerline ; Kurt Marschner, Beppo ; Karl Otto, Giacomo. Chœur et Orchestre de la Radio de Hambourg, direction : Wilhelm Schüchter. 2 CD Relief CR 1909 code barre 7 619934 190928. Enregistré dans les studios de la NWDR Hamburg en octobre 1954.
Pietro Mascagni (1863-1945) : Cavalleria Rusticana. Avec : Rudolf Schock, Turiddu ; Maria Kinasiewicz, Santuzza ; Alexander Welitsch, Alfio ; Gisela Litz, Mamma Lucia ; Anneliese Rothenberger, Lola. Chœur et Orchestre de la Radio de Hambourg, direction : Wilhelm Schüchter. 1 CD Relief CR 1920 code barre 7 619934 192021. Enregistré dans les studios de la NWDR Hamburg les 12 et 13 avril 1954.

 

Regarder la discographie de est comme regarder un dictionnaire d’opéra. De Mozart à Gottfried von Einem et de Donizetti à en passant par Weber, Bizet, Verdi, Wagner, Tchaïkovski, Puccini, d’Albert ou encore l’opérette viennoise, le ténor le plus populaire de l’Allemagne d’après-guerre a vraiment tout chanté et tout enregistré. Et tout de même, la liste n’est pas close. Régulièrement, des documents d’archives apparaissent, des inédits ou des enregistrements absents du catalogue depuis de longues années. Le label suisse Relief s’est spécialisé dans la réédition de tels documents que nous présentons trois ici.

La plus grande trouvaille est certainement Le Pays du Sourire capté sur le vif au Staatstheater de Braunschweig en 1958. C’est dans ce théâtre que avait fait ses débuts en 1937. Il resta dans la troupe jusqu’à son départ pour l’armée en avril 1940. Les années dans ce petit théâtre de province l’avaient tellement marqué que, même au sommet de sa gloire, il y retourna régulièrement. Ce fut le cas en cette matinée du 4 mai 1958 – heureusement préservée dans les archives du théâtre. Certes, la qualité sonore est assez médiocre, mais la valeur unique de ce document en justifie amplement la publication. Pour la première fois, nous pouvons entendre dans une véritable intégrale d’opérette, car s’il a beaucoup fréquenté ce genre à la radio et au disque, il s’agit toujours de versions abrégées, notamment en qui concerne les dialogues. En outre, Schock est ici capté dans un moment de grâce. La beauté du timbre, de l’aigu et surtout son savoir-faire stylistique font de lui un Sou-Chong merveilleux auquel on pardonne même l’utilisation assez fréquente du falsetto. Seul avait su trouver cette couleur spécifique dans le timbre, ce côté kitsch parfaitement dosé qui va droit au cœur et arrache les larmes. Le public d’ailleurs ne se trompe pas : il réclame et obtient trois bis de « Je t’ai donné mon cœur » ! Les partenaires de Rudolf Schock sont moins mémorables : aux côtés d’une Lisa et d’une Mi correctes, nous déplorons notamment un Graf Gustav presque sans voix. La direction d’ est animée, mais elle manque parfois de charme viennois.

Le cas de Fra Diavolo est un peu difficile. A part plusieurs coupures, il faut surtout faire avec une traduction allemande qui nous rapproche un peu trop des Joyeuses commères de Windsor d’. Ceci dit, l’enregistrement de la radio de Hambourg mérite tout à fait le détour. Pour Rudolf Schock notamment, qui campe un Fra Diavolo rusé et drôle, surmontant sans problèmes les nombreuses difficultés vocales du rôle, contre-ut et vocalises comprises. Wilma Lipp est une Zerline fraîche et lumineuse, James Pease un Lord Kockburn ridicule comme il faut et Ernst August Steinhoff un Lorenzo très charmant, capable de beaux aigus en voix mixte. , l’un des chefs les plus versatiles de l’époque, dirige avec verve l’orchestre de la radio de Hambourg.

Nous retrouvons au pupitre du même orchestre pour Cavalleria Rusticana. Tour à tour lyrique et passionnée, sa direction idiomatique nous fait presque oublier une traduction allemande parfois pénible. Le Turiddu de Rudolf Schock est proche d’un , plus verdien que vériste, très nuancé, mais aussi capable d’accents dramatiques. Maria Kinasiewicz est une Santuzza à la technique sûre, au timbre étonnamment jeune, mais un peu avare de couleurs. Alexander Welitsch, Alfio fruste et monochrome, est le point faible d’une distribution qui nous réserve encore une grande surprise : c’est qui chante Lola, piquante comme il faut, malgré une tessiture trop grave pour elle.

Mention spéciale enfin pour le bonus de Fra Diavolo. Il nous montre Rudolf Schock dans plusieurs extraits d’opéras français. Retenons surtout un très poétique « Pays merveilleux », extrait de L’Africaine (chanté en français), un formidable air de Faust et un duo final passionnant de Carmen, sous la baguette enflammée de qui réussit à faire oublier l’impossible Carmen de Margarethe Klose.

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