Bannière-Web-ResMusica-728x90

Mélo ou dramatique ? A chacun de trouver Chausson à son pied

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Ernest Chausson (1855-1899) : Concert pour violon, piano & quatuor à cordes op. 2. Quatuor inachevé op. 35. Quatuor avec clavier op. 30. Trio avec clavier op. 3. Jerrold Rubenstein, violon ; Dalia Ouziel, piano ; Alexander Dimitriev, violoncelle ; Daniel Rubenstein, alto ; Quartet Sharon. 2 CD Domusic / Classic Talent DOM381006 + 07. Code barre 5 413969 206072. Enregistré au studio EMS de Bruxelles en 1998. Notice bilingue (français, anglais). Durée totale : 2h 31’.

 

Et si, avec ce double album et cette interprétation intense des œuvres phares d’, le Quartet Sharon voulait imposer le plébiscite autour de sa prestation ! La présente formation menée par Gil Sharon étant entendue en ce qu’elle se trouve ici augmentée de quatre contributeurs invités. Donc, invités pour l’occasion, d’abord deux solistes d’envergure internationale habitués à se produire en duo : Jerrold Rubenstein, dont l’enregistrement d’Ysaÿe fait référence, et Dalia Ouziel, chambriste reconnue. Ensuite, deux solistes et chambristes également chevronnés, Daniel Rubenstein, alto, et Alexander Dimitriev au violoncelle, qui n’interviennent que sur le second CD.

La présentation d’ disciple de César Franck par Emile Vuillermoz dans son « Histoire de la musique » vaut qu’on la cite qui, bien que rapide, donne le ton : « Encore un licencié en Droit touché par la grâce. Chausson était un être grave et méditatif, un mystique, un scrupuleux, qui trouva auprès de César Franck la sécurité morale dont il avait besoin pour se consacrer à la musique. Riche, heureux, vivant dans un cadre magnifique, entouré d’artistes d’élite, il gardait sans cesse une secrète mélancolie. La mort l’avait-elle prévenu qu’elle l’obligerait, un jour, à interrompre brusquement la composition d’un scherzo et à sauter sur sa bicyclette pour courir plus vite au rendez-vous qu’elle lui donnait devant un mur de son parc sur lequel il allait se fracasser le crâne ? Il avait 44 ans. Tout lui souriait. Dès ses premiers essais il avait conquis l’estime de ses pairs. […] Son Poème pour violon et orchestre, triomphe d’Ysaÿe, s’imposait partout ; son Concert pour violon, piano et quatuor, son Trio, […]. On s’accordait à louer le tact avec lequel il utilisait le vocabulaire de Wagner et de Franck dans des ouvrages d’inspiration nettement française ».

Ajoutons à cela que Chausson avait d’abord intégré en tant qu’auditeur libre la classe de composition de Jules Massenet, avant que d’étudier avec César Franck et de le côtoyer, donnant salon chez lui, tout comme Vincent d’Indy, Duparc, Fauré, Bréville, Debussy, ainsi que Mallarmé, Régnier, Tourgueniev, Ysaÿe, Monnet, Puvis de Chavane, etc., commençant aussi de collectionner les tableaux des impressionnistes.

Ici donc, deux disques qui réunissent les grandes œuvres de musique de chambre d’Ernest Chausson, interprétées par des musiciens de renommée internationale. Le romantisme y bat son plein – Chausson, on l’aura compris, était artiste de son temps –, mais d’une manière peu commune, y est poussée à son paroxysme l’expression tragique, en tout cas mue par une dimension (mélo ?)dramatique qui se fait omniprésente. Les compositions de Chausson, énergiques, animées, mais aussi terriblement graves, au final, ne sauraient laisser indifférent. Ce qui ne peut que participer de son charme.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.