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Voyage en Italie : « Lointain horizon » des voix a cappella

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Lure, Eglise Saint-Martin. 21-VII-2007. Luca Marenzio (ca. 1553-1599) : Madrigali. Ildebrando Pizzetti (1880-1968) : Due composizione corali. Luigi Dallapiccola (1904-1975) : Cori di Michelangelo Buonarroti il Giovane, prima seria. Goffredo Petrassi (1904-2003) : Cinque nonsense. Julien Copeaux (1972-2003) : Capitolo Novo. Philippe Hersant (né en 1948) : L’Infinito. Benoît Colardelle : Scénographie lumières. Chœurs de Chambre les Cris de Paris. Direction : Geoffroy Jourdain.

Festival Musique et Mémoire 2007

Certains territoires semblent plus aventureux que d’autres : terre du bout du monde, Ushuaia, Terre de feu, ligne d’horizon. Pour une oreille baroque quoi de plus surprenant que cette association de musique ancienne et contemporaine. Et pourtant…Les voix s’épanouissent. Un véritable chœur, dont le chant fusionnel, sait pourtant, lorsque le livret le demande, nous révéler une voix, lui apportant un écrin, la soutenant le temps du mot ou du vers à interpréter. Ce programme nous montre combien cette alliance baroque/contemporain s’impose d’elle-même.

Lignes vocales comme des vagues, reflets du contrepoint dissonant des madrigaux de Monteverdi ou encore écho répété à l’infini évoquant la mélopée des chants antiques : autant de phénomènes qui caractérisent ces musiques fascinantes….

Jeunesse, enthousiasme, complicité du chœur a cappella : , tissent des liens qui, tel le fil d’Ariane, nous conduisent vers des rivages lointains et inconnus, sans jamais nous abandonner face au désarroi que pourrait produire parfois cette musique. , délicat et brillant chef de chœur, aime ses chanteurs et cet amour est si perceptible qu’il en devient transcendant. Il dirige, organise, crée le mouvement et permet un jeu de miroirs renversés, où musique baroque et musique contemporaine peuvent se refléter et dialoguer.

Du début à la fin, ce concert s’est joué des conventions. Les choristes entrent dans l’église de Lure, sous les éclairages de Benoît Colardelle, jouant avec des mirlitons ( !) le prélude de l’Orfeo de Monteverdi et à la fin, nos merveilleux interprètes nous ont invités à les rejoindre en chantant avec eux l’extrait du « Donne il celeste lume », Stravaganze d’Amore, de . Quel talent, quel panache ! Et parce qu’il est si difficile de se quitter, tant le partage du bonheur fut total, à la Mairie, lors du verre de l’amitié d’après concert, et , nous ont offerts un bis extraordinaire d’inventivité chorale : un Hang up (Madonna, oui, oui, mais revisitée) sur un rythme africain que nous battions tous ensemble, dans un même transport.

N’hésitez pas à aller explorer ces « horizons lointains » qu’offre la programmation du Festival baroque « Musique et Patrimoine ». Sources de mémoire, quête d’ailleurs, ouverture et diversités, ce festival est un bijou, une perle baroque. Chaque année, trois week-ends, entre mi et fin juillet, faits de convivialité et de rencontres, humaines et humanistes, enrichissantes, bouleversantes, faisant de la musique un élément privilégié d’ouverture et de partage.

Mille e mille volte grazie à tous ces artistes et à tous ceux qui leur permettent de nous offrir de tels moments de bonheur.

Crédit photographique : Cris de Paris – DR

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Lure, Eglise Saint-Martin. 21-VII-2007. Luca Marenzio (ca. 1553-1599) : Madrigali. Ildebrando Pizzetti (1880-1968) : Due composizione corali. Luigi Dallapiccola (1904-1975) : Cori di Michelangelo Buonarroti il Giovane, prima seria. Goffredo Petrassi (1904-2003) : Cinque nonsense. Julien Copeaux (1972-2003) : Capitolo Novo. Philippe Hersant (né en 1948) : L’Infinito. Benoît Colardelle : Scénographie lumières. Chœurs de Chambre les Cris de Paris. Direction : Geoffroy Jourdain.

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