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Michel Serrault (24 janvier 1928, Brunoy – 29 juillet 2007, Honfleur)

Hommage

« J’en ai rien à foutre de votre Mozart ! Je le connais pas ce mec là ! J’l’emmerde ! » (in Préparez vos mouchoirs, Bertrand Blier, 1978)

La carrière de a suffisamment croisé la musique pour que nous en parlions dans nos colonnes. Cet ancien séminariste reconverti dans le théâtre de boulevard, éternel second couteau du grand cinéma franchouillard des années 60/70 (Jean-Marc Thibault, Roger Vadim, Yves Robert, Jean Yanne, Claude Zidi, Robert Lamoureux, …) devient prépondérant sur le grand écran après l’immense succès du film la Cage aux folles (1978).

Il peut enfin faire ses preuves dans des rôles dramatiques (Garde à vue, les Fantômes du chapelier, Docteur Petiot, Nelly et monsieur Arnaud, Assassin[s], …) sans renier le répertoire comique (Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, le bon roi Dagobert, le Miraculé, le Bonheur est dans le pré, …).

Son premier rôle au cinéma est celui d’un musicien, le fugitif joueur de trompette de Ah ! les belles bacchantes de Jean Loubignac (1954), avec Louis de Funès. Dans Des pissenlits par la racine (1964), il est Jérôme Martinet, un contrebassiste au langage châtié. Entre temps avec son comparse et ami Jean Poiret il campe le temps d’un sketch au théâtre un chef d’orchestre qui vient de passer le permis de conduire l’orchestre, Albert Petit-Lagrolèche. Cette saynète hilarante est le lieu de plusieurs répliques : « trop d’accidents, trop de couacs, trop de notes écrasées, alors il faut le permis », « il faut bien changer de vitesse à chaque mouvements sinon vous cassez votre orchestre », « j’ai été témoin d’une crevaison de grosse caisse », « ah le soliste a priorité ? Oui dans un concerto », etc. Sans parler d’un autre bien moins connu, la vie de Chopin, ou remplace au dernier moment un acteur prévu pour un film biographique sur le compositeur. Il n’est pas pianiste, mais trompettiste… Chopin trouve ainsi la célébrité en jouant du clairon à l’armée.

Dans Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier, Carole Laure est l’épouse fade et triste de . Celui-ci espère que Patrick Dewaere, un inconnu rencontré au restaurant, saura la débrider. On les retrouve chez eux en pleine nuit, écoutant le Concerto pour clarinette de Mozart à pleins tubes, l’occasion de répliques délirantes : « Putain, le mec à la clarinette c’est pas un manchot ! », « non mais t’as vu comment il tripote son instrument ! », « c’est vraiment la musique d’un type qui n’a jamais été heureux en amour », jusqu’à l’arrivée de Michel Serrault, le voisin du dessus, petit commerçant, gêné par la musique… « J’en ai rien à foutre de votre Mozart ! Je le connais pas ce mec là ! J’l’emmerde ! ».

Mais la plus grande contribution musicale de Michel Serrault reste sans nuls doutes Les Folies d’Offenbach, feuilleton télévisé en 6 parties de Michel Boisrond où il tient le rôle du compositeur, affublé d’un impossible accent allemand. Laissons la place à l’artiste dans Préparez vos mouchoirs qui, poussé par Dewaere, finit de siroter son pastis en tremblotant et en disant : « merci Mozart ». Il a fini par le rejoindre.

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