De Brahms à Piazzolla

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Arc 1800, Centre Bernard Taillefer. 26-VII-2007. Guy Ropartz (1864-1955) : Prélude, marine et chanson pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe (1). Edouard Lalo (1823-1892) : Trio n°3 en la mineur op. 26 (2). Nicolas Bacri (né en 1961) : Méditation d’après un thème de Beethoven op. 94 (3). Johannes Brahms (1833-1897) : Trio pour piano, violon et cor en mi bémol majeur op. 40 (4). Astor Piazzolla (1921-1992) : Decarissimo ; Concierto para quintetto ; Fugata y final ; Soledad ; La muerte del angel (5). Alexis Galpérine (1), Marina Chiche (2), François Payet-Labonne (4, 5), violons ; Claire Merlet (1), alto ; Xavier Gagnepain (1, 2), Stagiaires de l’académie (3), violoncelles ; Chrystel Delaval (1), flûte ; Eckard Rudolf (5), contrebasse ; Isabelle Moretti (1), harpe ; Vladimir Dubois (4), cor ; Bruno Maurice (5), accordéon ; Eladio Scharron (5), guitare ; Agnès Melchior (2), Laurent Boukobza (4, 5), pianos.

Festival Les Arcs 2007

Beaucoup de festivals misent sur l’exhumation d’œuvres oubliées. D’autres préfèrent promouvoir la création contemporaine. Le festival des Arcs se situe à mi-chemin entre les deux options ; il permet la formation impromptue d’ensembles de chambre inhabituels et accueille à chaque édition un compositeur en résidence. Cette année, il s’agit de .

Qui a déjà entendu parler du Prélude, marine et chanson de Guy Ropartz ? Non pas que cette œuvre soit dénuée d’intérêt. Empruntant sa grâce et sa fluidité aux messes du même auteur, cet opus s’écoute sans difficulté. Les interprètes l’ont susurré, soulignant sa joliesse mélodique et prenant garde de ne pas en faire une esquisse sirupeuse. Le Trio de Lalo nous a en revanche entraîné loin, bien loin de cet univers édénique. D’une expression plus directe, l’œuvre aurait bénéficié d’une exécution irréprochable si Marina Chiche avait soigné ses phrasés de façon aussi méticuleuse que . C’est d’autant plus regrettable que la violoniste est pourtant douée d’un sens de la ligne.

Les interprètes de la Méditation d’après un thème de Beethoven de n’étaient autres que des stagiaires de l’Académie concomitante au festival. Construite sur le principe de la variation inversée – c’est-à-dire que le thème n’est entendu tel quel qu’après la succession des variations – cette œuvre, parfaitement équilibrée, est redevable du classicisme tout autant qu’elle peut rappeler la modalité fauréenne ou encore le lyrisme de . Les quatre violoncellistes en ont donné une interprétation en demi-teinte, dont le caractère élégiaque n’était peut-être que la conséquence de leur pusillanimité.

Succédant à l’ascèse de la Méditation, le Trio pour piano violon et cor de a été vécu comme une libération. Aucune contenance dans le jeu de Vladimir Dubois – irréprochable, de Laurent Boukobza et de François Payet-Labonne, mais une ardeur transcendante, saluée chaleureusement par le public.

Les pièces de Piazzolla clôturaient le concert de façon festive. Certains auront apprécié cette musique colorée, abusant parfois de ses charmes, d’autres plus dubitatifs auront été perturbés par le manque d’homogénéité du concert ; toujours est-il que l’excellence des musiciens a fait l’unanimité au sein de l’auditoire, séduit par l’ambiance sympathique du festival. Les subventions manquant, on regretterait vraiment que l’édition 2007 soit la dernière…

Crédit photographique : © Eric Manas

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