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François Couperin (1668-1733) : Les Baricades Mistérieuses ; Le tic-toc choc ou Les Maillotins ; La Couperin ; Les Calotines ; Les Ombres Errantes ; Les Tricoteuses ; Le Carillon de Cithère ; Muséte de Taverni ; Les Rozeaux ; L’Atalante ; Passacaille ; La Muse Plantine ; Les Tours de passe-passe ; Bruit de guerre ; Le Dodo ou L’Amour au berceau ; La Visionnaire ; La Logivière : Les Juméles ; Les Chérubins ou l’aimable Lazure ; Jacques Duphly (1715-1789) : La Pothouïn. Alexandre Tharaud, piano. Pablo Pico, tambour Dawul. 1 CD Harmonia Mundi HMC 901956 code barre 7 94881 83442 6. DDD. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 65’18’’

 

Après son disque Rameau en 2001, après Les Tricotets, L’Indifférente, La Poule et Les Sauvages, il était pratiquement attendu qu’ enregistre Les Tricoteuses, Les Juméles ou La Visionnaire, les pièces de caractère de . Comme les catégories musicologiques traditionnelles veulent que éclate la forme de la « suite », on pourrait avoir l’impression que Tharaud joue de cet éclatement, sans retenue. Aussi, il va d’un ordre à l’autre, sans rigueur apparente puisque les 19 pièces de cet album viennent respectivement des 6ème, 18 ème, 21 ème, 19 ème, 25 ème, 23 ème, 14 ème, 15 ème, 13 ème, 12 ème, 8 ème, 19 ème, 22 ème, 10 ème, 15 ème, 25 ème, 5 ème, 12 ème et 20 ème ordres. Là où les différents mouvements des deux « nouvelles suites » (en la mineur et sol majeur) de Rameau étaient enregistrés dans l’ordre donné par le compositeur, pour Couperin au contraire, a choisi de livrer une sélection dont il défend la pertinence suivant des critères pianistiques.

L’ordre est en effet au service d’un programme aux arêtes très tangibles : s’alternent les passages légers et gaillards (Les Calotines) et les moments plus émotionnels et rentrés (Les ombres errantes). Plus loin, La Muse Plantine se donne apaisée après la Passacaille du 8ème ordre, ou encore, Le Dodo fait suite au Bruit de guerre. À force, l’auditeur pourrait avoir l’impression que c’est leur positionnement les unes par rapport aux autres qui amène le pianiste à donner tel caractère à telle pièce. Ainsi, venant après La Visionnaire dont Tharaud suit l’indication « Gravement et marqué », La Logivière est jouée très délicatement par le pianiste, même si elle est notée « Majestueusement, sans lenteur ».

Ainsi, conscient de s’inscrire dans l’héritage des pianistes intéressés par le baroque (Louis Diémer, Marcelle Meyer, Robert Casadesus, Émile Guilels, Yvonne Lefébure, Pierre Barbizet…), Alexandre Tharaud trouve un équilibre serein entre la « pianisation » du style et l’obligatoire non-exagération du « pianisme » inhérent à l’exercice. La Couperin est alors tendre et même onctueuse, comme Les Calotines passent alors pour une page délicate et quasi-schumanienne. Quant aux pièces qui semblent en appeler à une interprétation « figuraliste » (tel Le Carillon de Cithère ou Bruit de guerre), Alexandre Tharaud maintient une sobriété sonore, tenant une rigueur de nuances qui permet de supporter une narrativité du jeu formel (Les Barricades Mistérieuses ou Les Tours de passe-passe). C’est sûrement sur ce point que Tharaud vient faire une des fortes différences entre Rameau et Couperin. Même si, dans le casting, de même que le Rameau se terminait sur une pièce de Debussy (Hommage à Rameau), dans ce disque Couperin, Alexandre Tharaud fait toujours attention à rompre toute uniformité d’affiche : il invite Pablo Pico à l’accompagner au tambour Dawul, sur Bruit de guerre et termine le disque par une pièce de , La Pothouïn (que le pianiste présente comme « un trait d’union idéal entre le clavecin et l’arrivée du pianoforte »).

Toujours exemplaire de maîtrise dans le style et raisonnable dans l’audace des concepts de ses albums, Tharaud complète une discographie décidément multipolaire et tout de même cohérente.

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François Couperin (1668-1733) : Les Baricades Mistérieuses ; Le tic-toc choc ou Les Maillotins ; La Couperin ; Les Calotines ; Les Ombres Errantes ; Les Tricoteuses ; Le Carillon de Cithère ; Muséte de Taverni ; Les Rozeaux ; L’Atalante ; Passacaille ; La Muse Plantine ; Les Tours de passe-passe ; Bruit de guerre ; Le Dodo ou L’Amour au berceau ; La Visionnaire ; La Logivière : Les Juméles ; Les Chérubins ou l’aimable Lazure ; Jacques Duphly (1715-1789) : La Pothouïn. Alexandre Tharaud, piano. Pablo Pico, tambour Dawul. 1 CD Harmonia Mundi HMC 901956 code barre 7 94881 83442 6. DDD. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 65’18’’

 
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