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Cantates bachydermiques

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Cantate BWV 214 ; Cantate BWV 213. Elisabeth Scholl, soprano ; Barbara Hölzl, alto ; Jan Kobow, ténor ; Hanno Müller, basse. Barockorchester L’ARCO, direction : Christoph Heidemann. Knabenchor Hannover, direction : Heinz Hennig. 1 CD Ars Musici AM 1313-2. Enregistré en concert le 10 septembre 2000. DDD. Notice trilingue (allemand, anglais, français). Code barre : 4 017563 131320. Durée : 74’28.

 

Le Knabenchor Hannover est, sous la direction de Heinz Hennig, de ces chœurs d’enfants qui font référence dans le monde choral. La qualité du travail du chef est d’autant plus admirable qu’il s’effectue dans des conditions inhabituelles pour un chœur de ce niveau, puisqu’il ne s’agit pas d’une maîtrise en internat, mais d’une chorale qui répète tout simplement plusieurs soirs par semaine. Heinz Hennig est un excellent pédagogue, et nul doute que ce concert du 10 septembre 2000 était une réussite. Etait-il pour autant nécessaire d’en faire un enregistrement ?

A l’enregistrement, ce concert ne provoque que déception. Où donc sont passées la légèreté et la vigueur rythmique intrinsèques à la musique de Bach ? Réunir sous une même baguette des solistes dont les preuves ne sont plus à faire, un ensemble instrumental d’une qualité indéniable et un chœur qui fait référence, cela suffit-il à donner un enregistrement satisfaisant ? Manifestement, non.

Les sonorités chaleureuses des bois, l’éclat des cuivres et le frémissement des cordes de l’orchestre baroque L’ARCO devraient parfaitement porter le chant de ces cantates profanes… mais la légèreté et la finesse de certains phrasés paraissent parfois simplement pâles face à l’empâtement général. Les quatre solistes possèdent la même chaleur de timbre et leur interprétation frise souvent la perfection, si l’on fait abstraction de quelques notes aiguës d’Elisabeth Scholl, d’une agressivité surprenante. Malgré quelques réserves, cela devrait donc donner un enregistrement tout à fait intéressant …

Seulement tout cela prend trop souvent des allures pachydermiques. Les appuis rythmiques, loin de donner l’élan et la légèreté que l’on serait en droit d’attendre, écrasent le discours et lui confèrent une lourdeur qui fait oublier la subtilité des passages précédents. Le chœur a, bien sûr, sa part de responsabilité dans cet état de fait : il est très difficile d’interpréter avec finesse les vocalises de Bach, d’autant plus lorsque l’on est visiblement si nombreux. Pourtant, le chœur initial de la cantate BWV 213 n’a vraisemblablement pas posé les mêmes problèmes : il ne s’agit donc pas d’une simple question de difficulté technique mal appréhendée. Cet empâtement généralisé résulte-t-il d’un choix d’interprétation ou des aléas du concert ? Toujours est-il que si cet enregistrement offre l’avantage de faire entendre des cantates de Bach moins connues que d’autres, il n’œuvre pas réellement en leur faveur.

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Cantate BWV 214 ; Cantate BWV 213. Elisabeth Scholl, soprano ; Barbara Hölzl, alto ; Jan Kobow, ténor ; Hanno Müller, basse. Barockorchester L’ARCO, direction : Christoph Heidemann. Knabenchor Hannover, direction : Heinz Hennig. 1 CD Ars Musici AM 1313-2. Enregistré en concert le 10 septembre 2000. DDD. Notice trilingue (allemand, anglais, français). Code barre : 4 017563 131320. Durée : 74’28.

 
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