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Cesti défendu par des superstars, courez-y !

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Pietro Antonio Cesti (1623-1669) : « Pasticcio ». Extraits de Il Pomo d’oro, L’Argia, Il Tito, L’Orontea, La Dori, La Semirami. Judith Nelson, soprano ; René Jacobs, contre-ténor et concepteur du programme ; Mihoko Kimura et Dirck Verelst, violon ; Marianne Müller et Wieland Kuijken, viole de gambe ; Konrad Junghänel, théorbe ; William Christie, clavecin et orgue positif. 2 CD ORF 451 ; Code barre : 9 004629313320 ; Enregistrement live du 24 août 1980 à Insbrück ; Texte de présentation en allemand et anglais, texte des airs italiens traduits en anglais. Durées : CD 1 60’57 ; CD 2 48’26.

 

Quelle bonne idée de diffuser l’enregistrement de ce concert datant de 1980 ! En 27 ans, il n’a pas pris une ride. Il est même tout à fait émouvant de retrouver une telle brochette de vedettes en devenir. Le mérite principal revient à qui est à l’origine du programme. Il le présente longuement au début de chaque partie, en allemand…

Un pasticcio n’est pas une simple suite d’airs. Ceux-ci sont organisés de façon à présenter un semblant de cohérence qui fait que airs lents, nobles, rapides et virtuoses, comiques avec voix déformées ou très beaux moments orchestraux : tout est ici enchantement, si bien que l’écoute de ces deux CDs passe on ne peut mieux. Cesti était vraiment un très grand compositeur d’opéra. Héritier de Monteverdi, il amplifie les formes de l’opéra des origines ; il y a même un duo comme une sorte d’hommage au final du Couronnement de Poppée.

La voix si timbrée de fait merveille, et particulièrement dans les airs lents qui deviennent facilement poignants, ainsi « O Berenice ». Mais on le sait, la virtuosité ne le laisse pas dépourvu. Judith Nelson, en sa jeunesse, est la fraîcheur et la délicatesse incarnées. Elle maquille aussi très bien sa voix qui devient acide dans les passages comiques. Son timbre si brillant se teint aussi de mélancolie discrète quand elle le souhaite : « Addio Corindo ». Dans les duos, ces deux voix se complètent admirablement et entre fins musiciens l’entente semble parfaite.

L’orchestre ne comprend que de « très grands » noms en idéale cohésion, et si l’on ne sait qui dirige ce soir-là, presque tous ont pris la baguette depuis…. Cette somme de talents a pour effet que la musique coule d’évidence ; tout ici respire et avance : un véritable régal pour l’auditeur.

La résurrection de ce concert est une aubaine. L’enregistrement est très précis et l’espace est réaliste, créant une ambiance particulièrement vivante.

Cesti mérite vraiment d’être découvert avec de tels interprètes ; il semble difficile de n’y pas succomber.

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