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Roi David originel

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Parc floral du Bois de Vincennes. 02-IX-2007. Arthur Honegger (1892-1955) : Le Roi David. Claure Aufaure, récitant ; Julie Cherrier, soprano ; Mélanie Moussay, mezzo-soprano ; Kœn Vereertbrugghen, ténor ; La Psalette de Lorraine (chef de chœur : Florent Strœsser), Ensemble vocal Métamorphoses (chef de chœur : Gabriel Baltes) ; Orchestre National de Lorraire, direction : Jacques Mercier.

Classique au vert 2007

Lors du cinquantenaire de la mort d’Honegger, à peu près tout et surtout n’importe quoi a été dit sur ses oratorios, considérés comme « dépassés », « vieillots » ou « démodés ». 2005 n’a guère vu que la reprise de Jeanne d’Arc au bûcher. Le Roi David, premier succès du compositeur, n’a pas eu cette chance. Le texte boursouflé de René Morax dessert l’œuvre, elle-même très composite, faite de chœurs ou d’interludes instrumentaux parfois courts d’une dizaine de secondes. De plus, quelle version choisir ? En 1923 Honegger parait d’un orchestre symphonique une version condensée de la musique de scène d’origine de 1921. Mais dans les années 60, Serge Baudo et l’Opéra de Paris, puis plus récemment Michel Piquemal et le Chœur Vittoria d’Ile-de-France, ont repris l’orchestration originale pour vents, percussions et claviers. C’est cette dernière qu’a choisie . Les timbres mordants et acidulés de l’ensemble instrumental correspondent mieux à une acoustique (sonorisée de manière plus que correcte) de plein air, et accentuent le coté populaire de l’œuvre, à l’origine prévue pour être interprétées par des amateurs.

Les vents et percussions de l’ restent, sous la baguette de leur directeur musical, de bonne tenue. Mercier opte pour une pulsation globalement lente, qui appesantit une musique qui ne donne pas toujours dans la finesse (nombreuses fanfares pour caractériser les armées des Israélites ou des Philistins, arrivée de Goliath, …). Félicitations – et applaudissement nourris – pour les deux ensembles vocaux réunis, preuve de l’excellence que peuvent acquérir des chanteurs amateurs exigeants. Si aucun soliste ne démérite, une mention particulière est à accorder à Kœn Vereertbrugghen, jeune ténor belge prometteur. En revanche, on se serait passé de la psalmodie grandiloquente et vieillotte de Claude Aufaure, qui alourdit un texte déjà peu inspiré.

Public conquis et comblé au grand complet dans cet auditorium de plein air. Quand on pense que ce Roi David n’est plus programmé car « démodé » (donc avec le tort de ne pas attirer d’auditeurs), il est légitime de se demander si certains programmateurs sont en phase avec la demande extérieure. Ceux du festival « Classique au vert » n’en font heureusement pas partie. Profitez-en encore jusqu’au 23 septembre prochain, pour la modique somme de 5€.

Site Internet de Classique au vert, partenaire de ResMusica

Crédit photographique : © Agence Valmalette

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