Jeffrey Tate dans le fog londonien

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Salle Pleyel. 20-IX-2007. Benjamin Britten (1913-1976) : A Time there was… op. 90 ; Gerald Hugh Tyrwhitt-Wilson dit Lord Berners (1883-1950) : The Triumph of Neptune, suite symphonique ; Edward Elgar (1857-1934) : Enigma-Variations op. 36. Orchestre de Paris, direction : Jeffrey Tate.

Vide…. La Salle Pleyel, pour une des rares venues en France de , était quasi vide. Ah ! Le programme n’est pas porteur : musique anglaise bien peu connue de ce coté de la Manche, concert strictement symphonique, sans grand nom de soliste à qui se raccrocher. Et pourtant… Etait-ce bien l’ que nous étions venus écouter ce soir ? Celui-ci était devenu méconnaissable : rondeur du son, homogénéité des pupitres, qualité de jeu et surtout mines décrispées des musiciens, visiblement heureux de travailler avec un tel chef.

A Time there was…, ultime œuvre orchestrale de Britten sur des airs populaires anglais et The Triumph of Neptune de , suite symphonique d’un ballet écrit pour Serge Diaghilev, relèvent de l’anecdotique. La pièce de Britten, très parcellaire, ascétique, ne convoque parfois que quelques pupitres dans chacun de ses cinq courts mouvements (bois, trompettes et caisse claire, puis les seuls violons, etc. ) et donne une impression mitigée d’inachevé. La suite de , aristocrate anglais et véritable dilettante des temps modernes, s’inscrit dans une esthétique néo-classique typique de la fin des années 20, sans atteindre l’excellence du genre qu’est Pulcinella de Stravinsky. Le tout reste admirablement mené par , vraisemblablement initiateur de ces découvertes pour un public curieux et parsemé.

Après Colin Davis et le LSO, Pleyel retrouve les Enigma-Variations d’Elgar. Jeffrey Tate donne une vision intériorisée de l’œuvre, tout en retenue. Même dans les moments les plus déchaînés ou les plus orgiaques, il tient l’, comme pris d’une pudeur et d’une réserve toute britannique. La fameuse treizième variation Romanza : *** arrive à des sommets émotionnels.

Comme quoi l’Orchestre de Paris, bien dirigé, peu rivaliser sans peine avec d’autres formations internationales de grand renom.

Crédit photographique : Jeffrey Tate © Andrea Tamoni

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.