Bel équilibre d’écriture et d’interprétation

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Johannes Brahms (1833 – 1897) : Sonates pour violon et piano. Tedi Papavrami, violon ; Philippe Bianconi, piano. 1 CD Aeon AECD 0755, code barre : 3760058367551. Enregistré à L’heure bleue, La Chaux-de-Fonds (Suisse) en mai 2007. Notice bilingue en anglais et en français. Durée : 64’53’’.

 

Si l’on connaît bien le Brahms orchestral (Symphonies, Concerto pour violon…) ou vocal (Lieder, Requiem, Rhapsodie pour alto…), le Brahms de la musique de chambre est un peu moins fréquenté et c’est bien dommage car on peut y dénicher quantité d’œuvres magnifiques d’un abord relativement aisé. C’est le cas pour ses trois sonates pour violon et piano qui sont réunies ici sur un seul album.

Œuvres de la maturité, il est amusant de noter que ne s’est lancé dans l’écriture de ces duos qu’une fois la confrontation avec l’orchestre dépassée : la première sonate est ainsi contemporaine voire légèrement postérieure au Concerto. Pour ceux qui connaissent un peu le répertoire violon/piano, il est fréquent de constater un déséquilibre aussi bien d’écriture que de rendu sonore entre les deux protagonistes : pour parler clairement, le violon ne fait souvent pas le poids vis-à-vis du piano qui bénéficie souvent d’une partie très développée qui noie littéralement son compagnon sous un déluge de notes, ne lui laissant ainsi que peu d’occasions pour se faire entendre. Ces œuvres ne sont pas des sonates pour violon avec accompagnement de piano mais l’inverse ! Chez Brahms, tout au contraire, le piano se fait relativement discret et accompagne – peut-on dire enrobe ? – le discours du violon d’une manière très fine ; c’est du grand art.

L’interprétation qu’en donnent au violon et au piano va bien dans ce même sens : nous sommes plus dans le domaine du duo bien élevé que dans celui du duel acharné. C’est parfaitement joué (les deux compères s’entendent bien, dans tous les sens du terme) et enregistré, les instruments sonnent très clairement et le discours musical dans son entier est parfaitement perceptible. Concernant le packaging, rien à dire : l’aspect très sobre du noir et or de la pochette confère au visuel un côté très « classieux », comme disait l’autre. Si vous ne connaissez pas ces œuvres, ce disque vous permettra de le faire dans de bonnes conditions et avec plaisir.

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