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Bordeaux vaut bien une messe

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Anonyme du XVIIIe s. Messe de Bordeaux ; Claude Balbastre (1727-1799) : pièces d’orgue (dont extraits d’un concerto en ré majeur, inédit). Jean-Patrice Brosse, orgue. Ensemble Vox Cantoris : Hervé Lamy, dessus ; Jean-Marc Vié, ténor ; Jean-Etienne Langianni, ténor ; Antoine Sicot, basse ; Michel Nègre, serpent ; Jean-Christophe Candau, ténor et direction. Enregistré en la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges (avril 2007). Notice bilingue (français, anglais). 1 CD Triton TRI 331139. Code barre : 3 576073 311390. Durée : 78’16

 

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La messe dite « de Bordeaux » (on se demande d’ailleurs bien pourquoi, d’autant qu’on nous dit la connaître sous d’autres appellations, dont celle « de Chartres »), cette messe-là, donc, en « plain-chant musical », était vraisemblablement destinée à l’usage de couvents, au XVIIIe siècle, au même titre que les fameuses messes dites « royales » d’, lesquelles, avec les grands motets à deux chœurs, ont suffi à établir la célébrité de ce dernier. Les différentes versions existantes lui auraient assuré une popularité suffisante pour qu’elle perdure jusqu’au seuil du XXe siècle, dans le répertoire des paroisses. Celle retenue ici, et dans le contexte particulier de la « Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie », offre entre autres originalités, l’intérêt d’une double alternance. Tout d’abord, dans la partie chantée, entre le plain-chant (monodique) et les polyphonies (d’écriture harmonique – verticale) de 2 à 4 voix (la quatrième voix, à l’initiative de J. Ch. Candau, constituant ici une création mondiale) ; et aussi par le fait d’intercaler des pièces d’orgue entre les différentes parties de la messe. Celle-ci, proprement dite, étant encadrée par un Introït – de circonstance – Salve sancta pareus, et le traditionnel (et quasi obligé) Domine salvum fac regem des messes de l’époque.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : en dépit d’une définition en « plain-chant », on ne trouvera ici ni l’austère dépouillement des messes post-grégoriennes, ni (dans les parties harmonisées) des polyphonies foisonnantes à la Charpentier, Brossard ou Hardouin. Et la prononciation du latin « à la française », ainsi que les cadences ornées des accords conclusifs accusent bien leur époque.

La Messe de Bordeaux, dans cette version, et cette interprétation tout particulièrement, allie rigueur et ferveur, ombre et lumière, retenue et éclat. Dans les tons pourpres, pourrait-on dire, riche et complexe, elle comble l’oreille comme un vieux médoc le ferait du palais. Et pour ce faire, des vecteurs de choix : les voix, tout à fait appropriées, tant dans les interventions de chantres, en solus, que dans les parties « chorales » où, remarquables d’homogénéité, elles se fondent admirablement. Et puis, le serpent ! Cet instrument étrange (de son comme de façon), qui donne l’intonation, double les voix dans le plain-chant, la basse dans les polyphonies à 2 ou 3 voix. L’orgue, enfin, (et l’excellent aux claviers), l’orgue, « image du chœur céleste » selon , uni à « la voix des hommes » dans un même concert. Les pièces choisies de , si elles renforcent quelque peu la solennité de la messe (c’était le but avoué), lui confèrent surtout un côté cum jubilo des plus plaisants. Avec ça, une prise de son tout à fait valorisante ; ce qui donne, au final, un très beau disque. Parfaitement recommandable.

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Anonyme du XVIIIe s. Messe de Bordeaux ; Claude Balbastre (1727-1799) : pièces d’orgue (dont extraits d’un concerto en ré majeur, inédit). Jean-Patrice Brosse, orgue. Ensemble Vox Cantoris : Hervé Lamy, dessus ; Jean-Marc Vié, ténor ; Jean-Etienne Langianni, ténor ; Antoine Sicot, basse ; Michel Nègre, serpent ; Jean-Christophe Candau, ténor et direction. Enregistré en la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges (avril 2007). Notice bilingue (français, anglais). 1 CD Triton TRI 331139. Code barre : 3 576073 311390. Durée : 78’16

 
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