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Le Premier Cri d’Armand Amar

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Armand Amar : Le Premier Cri. Bulgarian Symphony Orchestra ; Sinead O’Connor, Sandrine Piau, Sharmila Roy, Asa, Roselyne Minassian, Etsuko Coda, Adèle Carlier, chant. 1 CD Naïve. Enregistré en 2007 aux Studios Babel. Durée : 56’15’’

 

La naissance est l’un des rares évènements d’une vie qui nous est commun à tous. Bien qu’encore considéré par de nombreuses civilisations comme un moment d’intimité que le regard des hommes ne peut violer sous peine de subir le châtiment des dieux, c’est cet événement exceptionnel que Gilles De Maistre a choisi de décrire en filmant plusieurs femmes enceintes originaire de tous les coins du monde. Le documentariste français nous offre ainsi avec humilité et respect des moments rares que leur authenticité soigneusement préservée rend très émouvants, même si l’on peut regretter que cette collection de « moments uniques » finisse par les banaliser et les vider un peu de leur substance.

La co-responsabilité d’, compositeur du film, n’est sans doute pas à exclure. Autodidacte, le musicien, né à Jérusalem, a vécu un temps en Inde pour se consacrer presque exclusivement à la musique extra-européenne, surtout percussive. Il découvre la danse en 1976 (Paroles d’Anges), fonde en 1994 le label Long Distance (distribué par Naïve), collabore notamment avec le grand joueur de duduk (hautbois arménien) Lévon Minassian. Il écrit aujourd’hui des musiques de films, parmi lesquels Amen et Le Couperet de Costa Gavras, La Terre Vue du Ciel de Renaud Delourme, Va, Vis et Deviens de Radu Mihaileanu, Bab’Aziz de Nacer Khemir…

La musique du Premier Cri est caractéristique du style , celui qui l’a fait aimer du grand public et qui pousse tant de cinéastes à travailler avec lui : une musique percussive et profondément lyrique, qui trouve son inspiration à la fois dans le minimalisme américain et la musique extra-européenne. Une approche « sensible » et « exotique », voire spectaculaire, qui semble saturer d’émotions le film de Gilles de Maistre et prend le risque de le rendre larmoyant à l’excès. Une approche assumée mais peut-être un peu trop démesurée pour un film d’une telle nature.

En écoute isolée, c’est néanmoins tout autre chose. Si la lassitude peut gagner les plus grands connaisseurs de l’œuvre du compositeur (d’autant que la musique extra-européenne est très à la mode à Hollywood depuis une décennie), on ne peut cependant pas nier le pouvoir hypnotique de chacun de ses disques de musique de film. Chaque bande originale d’Armand Amar, en effet, est un voyage initiatique, un envoûtement des sens, un chatoiement de sons. Interprété par des chanteuses de renom (, Sinead O’Connor pour ne citer qu’elles), le Premier Cri semblent télescoper toutes les expériences sonores que le compositeur a éprouvé auparavant : les longues plages lyriques de ses musiques de films initiatiques comme Bab-Aziz, les ostinati rythmiques aux cordes du Couperet (City Of Birth)¸ le piano mélancolique d’Inanna, les guitares de la Faute à Fidel. On y trouve même un morceau plus rock (une nouveauté…), Vanessa, chanté par…  !

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Armand Amar : Le Premier Cri. Bulgarian Symphony Orchestra ; Sinead O’Connor, Sandrine Piau, Sharmila Roy, Asa, Roselyne Minassian, Etsuko Coda, Adèle Carlier, chant. 1 CD Naïve. Enregistré en 2007 aux Studios Babel. Durée : 56’15’’

 
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