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Les collections d’instruments anciens de musique. Deuxième partie, in » Musique. Images. Instruments. Revue française d’organologie et d’iconographie musicale », direction Florence Gétreau, vol. 9. Institut de recherche sur le patrimoine musical en France. Ed : C. N. R. S. Paris. Mars 2OO7. 288 pp. ISBN : 978. 2. 271. O6527-8.

 

CNRS Editions

Ayant l’aspect et le format d’un catalogue d’exposition, cette belle revue sur papier glacé comportant nombre d’illustrations soignées, photographies, dessins, exemples musicaux, sait allier la rigueur scientifique la plus pointue et les plaisirs de l’œil : ainsi, on peut voir cette fois-ci, en couverture, à côté du portrait de Mrs. W. D. Frismuth entourée d’instruments, (Thomas Eakins, 1844-1916), une exquise épinette du XVIIIème siècle, de trois octaves et demi, peinte de scènes inspirées de tissus ou de livres orientaux (Musée de Lisbonne).

Ce numéro forme un diptyque avec le précédent volume. Il concerne la constitution des collections privées du XIXe et du début du XXe siècle. S’y trouve judicieusement intégré en tête de l’ouvrage, l’article de Beryl Kenyon de Pascual qui aborde une des rares collections du XVIIIe siècle, celle de l’Infante Don Gabriel de Borbón y Sajonia (1752 1788), ce jeune prince éclairé, claveciniste et jouant de l’harmonica de verre, dédicataire d’œuvres du Padre Soler ; on peut y lire, notamment, la description de l’étonnant clavecin harmonique et céleste de Virbès reproduisant le son de quinze intruments, du théorbe au galoubé.

Au XIXe siècle, l’Europe devance l’Amérique avec, dès les années 1840, d’amples collections reflêtant l’esprit du temps dans la mesure où elles collaborent à une « philosophie de la mémoire au service des nations naissantes » ( F. G. ). Ces collections sont toutes le fait d’amateurs mélomanes, touchant volontiers de divers instruments et souvent liés d’amitié à des chercheurs en organologie ou en folklore. Paris représente alors une plaque tournante favorisant les échanges d’instruments d’un pays à l’autre.

Ont été retenues les grands ensembles que forment : la collection Barbieri, de Madrid (Cristina Bordas Ibañez), où figure la Lira cœli fabriquée par Fra Raymondo Truchado ( c. f. l’instrument décrit par Praetorius dans son Syntagma Musicum), sorte d’orgue avec une caisse de piano munie à l’intérieur de quatre roues faisant sonner les cordes ; celle du bibliophile infatigable, pionnier de l’organologie et amateur d’instruments, Michel’angelo Lambertini (1862-1920), sans qui le musée de Lisbonne n’aurait pas vu le jour (Joseph Scherpereel) ; les collections belges du XIXe et du début du XXe siècle (Ignace de Keyser) ; la collection Donaldson du Royal College of Music Museum of Instruments de Londres (Elizabeth Wells), celle de l’Evêque James Henry Darlington, au Vassar college (Kathryn L. Libin) ; celle d’un musée de la manufacture : la collection Boosey and Hawkes ( Bradley Strauchen-Scherer et Arnold Meyers) et enfin, une collection d’instruments appartenant à la vie pastotale telle qu’elle se déroulait dans les Carpates polonaises, en Silésie, réalisée par la musicienne et poétesse locale Zusanna Kawulok (Aurélia Domaradzka Barbier qui ajoute à la description de cet ensemble des exemples de mélodies que le chef de la transhumance, le szalassnik, pouvait jouer sur sa piszczalka, longue flûte sans trou latéral, mélodies aussi intéressantes que celle qui inspira à Wagner pour l’appel du pâtre dans Tristan, celle des bergers suissses jouant du cor de vaches).

Quant aux Notes et documents, on sait désormais tout sur le recorder grâce à Douglas Mac Millan. L’article de sur la villa Wahnfried de Wagner n’apporte rien de nouveau ; celui, fort documenté, de Brigitte Devaux et Nicolas Lallement, dresse le catalogue des tableaux à thèmes musicaux conservés à Versailles avec quelques reproductions en noir et blanc : peintures de Louis et de Madeleine de Boullogne, de Michel de Corneille ; portraits entre autres, de musiciens, tel celui de Charles Couperin par Louis Lefebvre. L’étude précise de Gabriella Asaro sur le « violon du diable » et l’illustrissime danseur, chorégraphe, violoniste virtuose et compositeur Arthur Saint Léon (1821-1870), auteur du ballet Coppélia et d’une sténochorégraphie, nous plonge dans l’atmosphère des scènes de l’époque et éclaire sur ce violon qui, semble-t-il, devait éloigner les esprits malins et non en être l’instrument.

Suivent : notices sur les auteurs, annonces des publications, (2004-2005), recensements bibliographiques, comptes-rendus de manifestations (2006).

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Les collections d’instruments anciens de musique. Deuxième partie, in » Musique. Images. Instruments. Revue française d’organologie et d’iconographie musicale », direction Florence Gétreau, vol. 9. Institut de recherche sur le patrimoine musical en France. Ed : C. N. R. S. Paris. Mars 2OO7. 288 pp. ISBN : 978. 2. 271. O6527-8.

 
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