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Verson, Espace Senghor. 20-XI-2007. Rencontre pédagogique autour de la musique du Japon avec Usataro Kimura, koto, chant, shamisen ; Atsuko Constant, koto, chant. Caen, Puzzle. 21-XI-2007. L’Art du koto. Usataro Kimura, koto, chant, shamisen ; Atsuko Constant, koto, chant. Caen, Puzzle. 22-XI-2007. Fandango, tango, Martinete y buleria, balade, rumbas, Sevillana, Rumba, Tanguillo, Colombiana, Buleria. Kiko Ruiz, guitare ; Mariano Zamora, chant ; Paco Ruiz, cajon. Caen, Puzzle. 23-XI-2007. I – Denis Mortagne : Variations impossibles sur un thème de Lalo Shiffrin. Alexandre Vinitsky : Waiting for news. Stepan Rak : Temptation of the Renaissance. Garoto : Desvairada. Emilio Pujol : Guajira. Garoto : Lamentos do morro. Eric Franceries, guitare. II – Maximo Diego Pujol : Pompeya. Juan Carlos Cobian : Nostalgias. Julian Plaza : Nocturna. Leopold Federico : Bandola Zurdo. Carlos Gardel : Hommage. Ariel Ramirez : Alfonsina y el mar. Julian Plaza : Buenos Aires / Tokyo, Payadora. Astor Piazzolla : Decarisimo. Verson, Espace Senghor. 24-XI-2007. Master-class de guitare classique. Eric Franceries, guitare.

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Usataro Kimura, Kiko Ruiz, Eric Franceries

Une quatrième édition qui semble installer durablement la Semaine des Cordes Pincées dans le paysage musical bas-normand avec une programmation toujours originale et exigeante. C’est devenu une habitude, le festival commençait avec une rencontre pédagogique, cette année autour de la musique du Japon, qui permit à un large public de bénéficier d’un décryptage de cette musique au travers du koto, du shamisen et du chant. Les explications fournies par les deux protagonistes et « occidentalisées » par Jean-Claude Lemenuel, directeur d’Archipels et ethnomusicologue, furent claires et concises. De nombreux enfants étaient présents et n’ont pas hésités à poser leurs questions et ainsi montré l’intérêt de ce type de soirée. Très ouverts, Maître Kimura et Atsuko Constant se sont plier avec gentillesse, patience et humour à ce jeu pédagogique donnant quelques clés pour mieux comprendre et appréhender des instruments aussi étranges à nos yeux et nos oreilles que le koto et le shamisen.

Maître Usataro Kimura et Atsuko Constant utilisent des kotos à 13 cordes. Dans cette configuration, cet instrument remonte au VIIe siècle. D’une grande majesté il donne une couleur qui se marie parfaitement avec la musique de l’archipel nipponne.

Le concert du lendemain porté bien son titre : « L’art du koto ». L’instrument phare de cette soirée fut utilisé tantôt seul, en duo de deux kotos ou avec le shamisen voir en accompagnement du chant.

Un programme bien équilibré qui permit même d’avoir une version traditionnelle de sakura cette chanson du patrimoine japonais utilisée pour une publicité d’un produit de bain douche. Une manière de rendre à l’histoire et la culture ce qu’on lui doit avec une pointe d’humour.

Le concert du jeudi, consacré au flamenco, proposait un guitariste exceptionnel. Kiko Ruiz est un peu à part dans le monde restreint du flamenco français. Proposant une musique plus mélodique que percussive, teinté de jazz et de différentes musiques du monde, il n’en demeure pas moins toujours rigoureux dans le respect du compas.

Une soirée autour de son dernier disque « Cachito de Vida » en trio avec son frère Francisco « Paco » Ruiz au cajon et Mariano Zamora au chant. La guitare est toutefois restée centrale ce qui a permit de mettre en valeur la grande maitrise de Kiko Ruiz ainsi que sa très belle musique. Une technique complète permettant au guitariste des figures de style surprenantes (alzapua en descente par exemple) qui enrichissent les palos (thèmes) interprétés.

Le public eu droit à deux pièces qui n’ont pas encore fait l’objet d’enregistrement, une rumba légère et surtout une buleria particulièrement éblouissante en dernier rappel. Une très belle manière de terminer une prestation appréciée par un public venu nombreux. Il n’y avait d’ailleurs pas assez de disques proposés à la vente à la fin du concert du concert.

Eric Franceries clôturait cette quatrième édition par un concert où il se produisit seul en première partie et accompagné du bandonéoniste Jérémy Vannereau en seconde partie. Dès le début, le ton était donné avec des variations redoutables sur le célèbre thème de « Mission Impossible ». Humour et virtuosité furent mis au service d’une belle musicalité. Le programme en soliste d’Eric Franceries proposait des pièces de compositeurs sud-américains ou, comme le Waiting for news de Vinitsky, d’inspiration très marquée. A part la Guajira d’E. Pujol, bien connue des guitaristes, l’ensemble des pièces faisaient montre d’originalité tout en étant de belles factures. Un programme particulièrement intéressant fait de découvertes. Mais n’est-ce pas aussi une des missions de l’interprète ?

Jérémy Vannereau rejoint Eric Franceries pour une seconde partie d’une heure au plus grand plaisir des auditeurs présents. Un enchainement de pièce retraçant l’histoire du tango depuis la fin du XIXe jusqu’à Piazzolla. Chaque pièce fut introduite par une explication claire, permettant aux auditeurs de suivre les influences et les forment diverses de ce style. Ainsi, nous apprîmes que Carlos Gardel était français et qu’il fut le précurseur du chant dans le tango. Comme en première partie, seule une pièce, Alfonsina y el mar d’, était familière aux guitaristes. Une prestation de haute volée où Jérémy Vannereau ne fut pas en reste déployant non seulement une grande maitrise de son instrument mais aussi un style particulièrement … « argentin ».

Le lendemain, Eric Franceries délivrait un master-class aux jeunes élèves de l’école de musique des Rives de l’Odon à Verson. Fin pédagogue, chaque élève put profiter des conseils d’un grand monsieur de la guitare. De la plus jeune qui débutait la guitare cette année aux plus avancés, chacun put bénéficier d’une approche adaptée à son niveau sans que l’un soit plus important que l’autre. Eric Franceries s’adapta et se consacra à chacun comme s’il était unique. Une approche que l’on souhaiterait voir plus souvent car elle permet de penser d’abord à l’individu et à son épanouissement au travers de l’instrument plutôt que l’enseignement impersonnel que l’on rencontre trop souvent.

Une édition particulièrement réussie où l’on regrette l’absence de la musique ancienne. Espérons que les années à venir permettront d’ajouter cette touche qui manque à la Semaine des Cordes Pincées.

Crédit photographique : © Lionel Hug

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