Tedi Papavrami, une leçon d’élégance

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 30-XI- 2007. Hector Berlioz (1803-1869) : Roméo et Juliette, symphonie dramatique op. 17 (extraits symphoniques) ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violon et orchestre n°3 ; Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Ballade, sonate pour violon seul n° 3 op. 27 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Francesca da Rimini, fantaisie symphonique op. 32. Tedi Papavrami, violon ; Orchestre Philharmonique de Radio France ; direction : Kirill Karabits.

Le romantisme français est à l’honneur ce soir sous la baguette de , fils du compositeur éponyme et chef associé de l’ de 2002 à 2005.

Composés en 1839 et dédiés à Paganini, les quatre extraits de Roméo et Juliette qui introduisent généreusement le concert (Introduction, Roméo seul- Grande fête chez Capulet, Scène d’Amour, Roméo au tombeau des Capulets), appellent ardemment le libre arbitre de l’imaginaire.

Berlioz lui-même annote le manuscrit à propos du dernier mouvement : « le public n’a point d’imagination ( …) il faut [le] supprimer toutes les fois que cette symphonie ne sera pas exécutée devant un auditoire d’élite ». Si Pleyel a hypothétiquement accueilli un tel auditoire d’exception, ce dernier n’aura pas pris la pleine mesure du talent du Philharmonique dont la fougueuse énergie a manqué ici d’unification.

C’est la remarquable présence de dans un majestueux concerto de Saint-Saëns qui a donné à ce concert toute l’ampleur méritée. L’intelligence musicale de ce violoniste, célébré pour sa précoce virtuosité, a donné à l’œuvre un élan vivifiant dépourvu de dramatisme. Légèreté, précision technique vertigineuse, sonorité large et savoureuse, éblouissent dans un premier mouvement d’une fébrilité virile et réfléchie. La main droite conduit l’archet comme un chanteur, son souffle : sa sonorité reste étoffée même dans la délicatesse du 2e mouvement. La pesanteur de l’accompagnement, sans répondant, ne l’aura malheureusement pas soutenu et sa spontanéité n’a pu se déployer que dans un bis consacré à Ysaÿe.

La fantaisie symphonique composée par Tchaïkovski après avoir visité Bayreuth en 1876, est un morceau de bravoure pour orchestre. Choix peut-être trop ambitieux pour un jeune chef, qui n’aura pas toujours su révéler la musique au-delà des notes. Mais également pour une formation qui gagnerait à se souder. Moultes imprécisions jalonnent cette interprétation, allant du dosage inabouti de l’orchestre à l’imperceptible structure de l’œuvre. Et même si, dans l’absolu, la réputation d’un tel ensemble n’en est pas compromise, cela boude le plaisir…

Crédit photographique : © Jean-Michel Sabat

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.