Carte blanche au label Zig-Zag Territoires

sylvie_brelyLe label Zig-Zag Territoires fête en ce moment ses dix ans d’existence. Au cours de cette période, le label aura tout connu en espoir comme en désillusions. Mais l’avenir est devant eux et à cette occasion ResMusica a rencontré et , co-créateurs du label afin de faire le point sur le passé et l’actualité des maisons de disques indépendantes.

« Les magasins ne sont plus du tout intéressés par le classique. »

ResMusica : Comment voyez-vous évoluer le monde du classique actuellement ?

Zig-Zag Territoires : Nous pensons que les magasins ne sont plus du tout intéressés par le classique, là est le problème. Historiquement les Fnac ont détruit la plupart des disquaires qui pouvaient exister avec une clientèle de proximité ou des rayons très spécialisés qui faisaient vivre toute une économie. C’est encore une fois au nom de la rentabilité qu’ils ont dans un premier temps proposés un choix qui a été dans le passé de grande qualité avec des vendeurs qui connaissaient leur métier, mais aujourd’hui cela n’est plus rentable pour eux et ils ne veulent plus du tout se préoccuper du disque. La rotation des stocks est trop longue et leur coûte trop d’argent, bientôt les livres subiront le même sort.
Tout ce qui est culturel est trop cher. Comment se fait-il que l’on puisse trouver à un mois d’intervalle, et quelques fois en moins de temps un même disque vendu à 14 € en tête de gondole et dans un autre bac par ordre alphabétique à 23 € ? C’est n’importe quoi et ce n’est pas du tout une erreur d’étiquetage. Il n’y a pas de travail de fait au niveau de la commission de la concurrence, c’est incroyable.

RM : D’où vient cet écart sur les prix ?

ZZT : Il y a deux ou trois ans la Fnac musique faisait son chiffre d’affaires avec 51 % de produits d’Universal et sur certaines opérations ils pouvaient casser les prix d’un produit à 24€ et le mettre en vente flash à 8. 90 € durant une période. Il y a une espèce de dissonance et d’incohérence dans les prix en permanence sur des disques qui n’ont pas eu suffisamment de promotion pour se faire connaître et ils sont bradés immédiatement sans qu’ils aient eu le temps d’exister. Ce qu’il y a de terrible c’est que la Fnac n’achète pratiquement rien, elle prend en dépôt et en fait n’importe quoi. Ensuite au bout d’un moment les invendus nous sont retournés purement et simplement. Les seuls disques qu’ils achètent sont ceux qui ont une place de choix dans la publicité fait par les labels ou les distributeurs sans jamais laisser une chance aux petits qui ne peuvent pas se payer des campagnes de publicité dans les médias. Il n’y a plus aucune objectivité, ceux qui sont mis en avant ce sont ceux qui ont un partenariat avec RTL, Radio Classique ou Mezzo, TF1 France 2 par exemple, même les choix de Radio France sont de plus en plus boudés. Donc tout ce qui est pointu ou artisanal ne peut plus exister. Et nous sommes des artisans. C’est la même chose pour les DVD et le marché s’est écroulé en deux ans à cause de ces opérations commerciales qui ont laminé le secteur. Personne chez les majors ou les magasins comme la Fnac ont la réflexion de se dire que l’on doit respecter l’acheteur. Il ne faut pas oublier que ce secteur existe avec de multiples petites sociétés. Notre souci est bien là, comment continuer à exister dans ce monde de marketing qui vend en flux tendu sans se préoccuper de tout un secteur économique ? De plus, nous n’avons aucun pouvoir décisionnel dans ces grandes surfaces. Même dans les boutiques spécialisées comme chez Harmonia Mundi notre marche de manœuvre est très restreinte. Les livres s’en sortent mieux avec un prix unique quelque soit le lieu où vous l’achetez.

RM : Vous avez récemment mis en place un site Internet. Quel est votre objectif, la vente directe au consommateur ?

ZZT : Au niveau économique, c’est bien trop petit pour nous faire vivre actuellement. De plus il est tout récent donc nous n’avons pas encore de retombées concrètes, mais nous proposons d’entendre des extraits ou de télécharger certains titres. Notre site existe pour que les mélomanes puissent se procurer ce qu’ils ne trouvent plus dans les magasins. On est face à un challenge, il est hors de question d’abandonner le suivi de nos artistes sous prétextes que les magasins ne veulent plus proposer des disques même qui n’ont que six mois d’existence ! Nous ne savons plus comment communiquer avec les gens pour leur faire connaître ce qui existe, les magasins ne prennent plus de stock, les majors proposent du téléchargement uniquement de leur produit … La presse papier perd de plus en plus de lecteurs et ne parle des disques que de façon succincte par un entrefilet et ne communique que sur les grosses vedettes à coup de publicité que nous ne pouvons pas nous offrir ! Sans parler des spots télévisuels ! Nous allons vers une désertification de la vie culturelle et de sa qualité. Nous explorons le lien Internet grâce à notre site c’est une possibilité de dialogue avec le public que nous allons développer.

RM : A combien d’exemplaire pressez-vous vos disques ?

ZZT : Il y a dix ans on n’hésitait pas à faire une série de 10 000 exemplaires, aujourd’hui on est content quand on en vend 5 000, il faut le savoir car on s’en sort tout juste ! Je ne sais pas si aujourd’hui nous pourrions refaire des opérations de découverte et d’investissement que nous avons pu faire dans le passé alors que nous avons gagné en notoriété et reconnaissance. Tout repose sur le fait que les magasins ne veulent plus prendre le moindre risque alors qu’ils n’en prenaient déjà pratiquement pas. Il est impossible aujourd’hui de monter un nouveau label, c’est du suicide pur et simple car non viable économiquement. Beaucoup de petits labels arrivent à exister uniquement parce que les protagonistes ont soit une autre source de revenu soit ne se paye pas suffisamment pour faire vivre une entreprise ! Donc les rapports économiques ne sont pas les mêmes.

RM : Dans ce contexte, avez-vous une stratégie de développement ?

ZZT : On fait 70 % de notre chiffre d’affaires à l’export. On a énormément progressé en Allemagne et en Angleterre on est en augmentation constante au Royaume-Uni ce qui est un tremplin pour nous et parvenir à avoir une distribution de qualité aux Etats-Unis. On essaie vraiment de diversifier nos chances.

RM : Qu’avez-vous constatez en dix ans d’existence vis-à-vis des autres labels qui se sont créés dans cette période ?

ZZT : Nous sommes arrivés sur le marché en même temps qu’Alpha et Ambroisie. Aujourd’hui Alpha et Ambroisie ont été rachetés l’un et l’autre. Nous verrons dans l’avenir comment ils continueront à exister.

RM : Mais les soucis ne viennent pas tant de la qualité des artistes et du produit ? C’est bien un problème de communication que vous mettez en avant ?

ZZT : C’est en fait aussi et essentiellement beaucoup de petites incompétences et un état d’esprit réactionnaire frileux qui font que la musique classique vivante ne prend pas sa place. Comme dans un magasin, les vendeurs ne peuvent plus faire leur boulot, il faut qu’ils soient chef de rayon, comptable et manutentionnaire, ils n’ont plus le temps d’écouter quoique se soit ! Comment alors mettre en avant un nouveau disque, pouvoir en discuter avec un client qui, il y a seulement dix ans repartait, avec deux ou trois autres produits car le vendeur pouvait en faire la promotion ? Faites le test, allez demander un disque à la Fnac actuellement, vous dérangez tout le monde ! Il faut faire une recherche dans un fichier qui n’est pas toujours à jour, aller farfouiller dans les remises, dans les fonds de tiroirs … Et le responsable « classique » doit aussi assurer en Jazz et autre genre comme la musique du monde et j’en passe ! Demandez un disque en Jazz, le vendeur vous envoie en variété ou Pop, et quand enfin le vendeur a trouvé la référence que vous cherchez, on vous annonce qu’il n’est pas disponible, car pas en stock sans même faire une proposition de commande. Ce que vous voyez sur Internet n’est absolument pas le reflet de ce que pourriez trouver en magasin et inversement. Tout est organisé pour que les magasins de nos quartiers n’existent plus et que tout le monde devienne un consommateur compulsif via un ordinateur. C’est une erreur monumentale car le public dans le milieu culturel préfère et a besoin d’échanges humains, c’est essentiel ! C’est ce que portent nos disques.

RM : C’est dans un contexte fort difficile donc que vous fêtez vos 10 ans d’existence !

ZZT : Nos dix ans, c’est déjà une belle aventure mais nous voulons pouvoir encore exister au moins encore dix ans et plus ! Il faut qu’on arrive à faire comprendre aux gens qu’il n’existe pas que la Fnac et qu’il faut aller dans d’autres magasins ou voir les propositions sur les sites comme par exemple ResMusica (sourire) qui informent les mélomanes avant d’aller à la source ! Si le public baisse les bras et ne comprend pas qu’il faut aller vers les acteurs musicaux comme les labels, les artistes, l’économie actuelle de la grande distribution fera tout et encore plus pour nous mettre et nous laisser sur le bord de la route. Il va falloir monter un groupe alternatif pour montrer que nous existons et que nous voulons continuer à découvrir et faire partager la qualité de nos artistes. Car nous devons trouver des options pour que le public connaisse notre travail et nos artistes en dehors des fonctionnements actuels de distribution des grands espaces commerciaux qui n’ont rien à voir avec la culture et sortir des crocs et des fourches canines qui nous brident et nous empêchent d’exister.

Il faut que l’économie du marché redevienne cohérente. Ce qui est aberrant, c’est que lorsque l’on regarde les chiffres du nombre de CD mis sur le marché, il n’y a pas eu en France de baisse de quantités, mais une baisse du chiffre d’affaires puisqu’ils ne font que des opérations commerciales pour vendre au plus vite et n’importe comment, mais les gens continuent à acheter des disques !

RM : Mais les gens cherchent-ils vraiment de la nouveauté ?

ZZT : Mais comment avoir le désir d’acheter de la nouveauté quand on propose au public des séries commerciales à 1 euro ou au maximum 5 euros avec un choix de 30 disques !

RM : Quelle sera pour vous par exemple cette concurrence qui propose aux internautes de télécharger à volonté un style de musique d’un seul et même distributeur ?

ZZT : C’est fatal pour les labels comme nous. Le problème remonte à bien plus longtemps le syndicat des producteurs phonographiques n’ont pas fait leur boulot. Ils ont pensé qu’ils allaient, dans ce nouvel eldorado qu’est l’Internet, faire augmenter le chiffre d’affaires, un point c’est tout ! Ils ne sont que des marchands qui n’ont pas pensé un instant au problème artistique et éditorial qui allait émerger. Dans la Musique, on n’a pas eu notre Vincent Lindon qui s’est bougé et motivé en faisant un appel au secours ! Dans le milieu du disque aucun artiste avec une grande personnalité et respectée par tous les acteurs n’a imposé sa voix pour alerter la presse et les mélomanes ! Simplement dire que la musique classique vivante est en danger… La seule solution, pour remettre les pendules à zéro, serait l’émergence d’un autre format numérique, même physique qui serait la seule solution. Mais les fabricants comme par exemple Sony, n’arrivent pas à trouver une solution avec le SACD, la haute définition, le DVD audio, tout les supports sont voués à disparaître. Nous croyons encore au CD pour un certain temps.

RM : Un retour au vinyle serait une opportunité ?

ZZT : On se pose la question effectivement, on travaille sur une étude de marché, car toutes ces démarches purement commerciales dévalorisent le travail de toute une équipe qui accompagne l’artiste.

RM : Quel est le coût d’un disque par exemple en tenant compte du nombre d’artiste, sans bien sur parler d’une production contemporaine où les droits peuvent être particulièrement compliqués entre l’éditeur de la partition, le droit des musiciens, etc. ?

ZZT : Ce que nous faisons au mieux est d’avoir une ligne éditoriale qui soit cohérente avec tous. A chaque réalisation, tous les acteurs du projet sont investis complètement. Si nous ne pouvons pas assumer tous les risques en termes de trésorerie, nous faisons de la co-production comme par exemple avec le Festival de Sablé ou alors nous partons à la recherche de subventions. On ne peut plus à l’heure actuelle financer à bout de bras la production d’un disque, on est à la limite de ce que nous pouvons investir. Sans subvention, sans soutien financier, il est impossible de proposer la qualité que nous offrons. Par exemple, le disque Charpentier avec Gérard Lesne, rien que le plateau des frais d’enregistrement se chiffrait à lui seul à 30 000 euros, cela implique un résultat minimum de vente du disque de 5 000 exemplaires. Heureusement nous les avons faits. Les subventions que nous recevons servent uniquement à avancer notre investissement pour payer tous les acteurs. ZZT passe en dernier quand tout le monde est rétribué. Mais quand nous produisons Amandine Beyer ou Edna Stern c’est infaisable sans une coproduction du Printemps des Arts de Monaco et malheureusement les disques ne se sont vendus qu’à 3500 exemplaires pour l’instant, alors que l’une et l’autre ont une très bonne presse. C’est vraiment dur et affligeant mais nous nous battons.

Les articles de la presse économique démontrent qu’une galette (soit un cd vierge) coûte effectivement 0. 30 € pièce sans tenir compte du contenu qui lui coûte 30 000 euros ! Ce qui est hallucinant c’est que les gens ne savent plus par exemple que pour faire un disque, il faut un studio, un ingénieur du son, un directeur artistique, des musiciens et oui, ils existent encore, un concepteur graphique, etc. Chez ZZT un enregistrement pour un disque de sonates par exemple dure 5 jours à temps plein parfois il faut plus d’une semaine de montage, sans parler du temps que les musiciens ont mis pour monter et travailler leur programme surtout quand ils proposent une œuvre rare. Tout cela a un prix !

RM : Vous préconisez donc de sensibiliser le public à cet état de fait ?

ZZT : Nous en sommes à un tel niveau que nous devons rééduquer le public pour qu’il sache que rien n’est gratuit et certainement pas l’art ! Toutes nos prises de paroles remettent l’artiste et l’acte artistique au centre du débat. Pour atteindre une qualité artistique, il faut admettre la nécessité de financer l’acte artistique. Les gens sont perdus entre la fausse idée de gratuité et le hors de prix ! Comment se comporter normalement entre un CD gratuit ou à 5 euros et apprendre que tel ou tel artiste demande plusieurs milliers d’euros pour une seule prestation ? Et lorsque certains politiques claironnent en disant qu’il est normal que l’art doit être gratuit, c’est de la démagogie et une atteinte à l’avenir culturel d’un pays, car la musique par exemple n’a jamais été gratuite. Sous l’ancien régime, elle a toujours été protégée par des mécénes qui étaient des gens cultivés et ensuite elle a été subventionnée, alors quand Jacques Attali a sorti au printemps dernier son livre « la brève histoire de l’avenir » … en disant des non sens du genre que bientôt tout le monde pourra être compositeur et que la musique sera gratuite … Il n’y a que du mépris pour les artistes et le public. Il faut savoir en plus que le téléchargement est très en dessous des chiffres que les grands majors attendaient, le chiffre d’affaires ne représente que 5 % des espérances alors qu’ils ont fait des investissements colossaux.
Notre approche est justement de renouer le lien avec le mélomane, l’amener à de nouveaux répertoires, des épiphanies musicales ; être dans la proposition de qualité qui respectent les mélomanes, les artistes et notre raison de vivre.

RM : Le téléchargement n’est pas une bonne idée ?

ZZT : Il est difficile d’envisager une production que par le téléchargement, il y a tellement d’échanges illégaux que les internautes ne voudront jamais payer ce qu’ils auront dans quelques semaines, voir quelques jours gratuitement !

RM : Connaissez-vous les chiffres du téléchargement légal et illégal du classique ?

ZZT : Pas pour l’instant car a priori, le classique n’est pas vraiment un style qui s’écoute en téléchargement ! Sauf peut-être un extrait, un mouvement car entendu dans un film les internautes vont vouloir entendre juste ce passage et c’est du zapping comme dans la publicité … ou un juke-box.

RM : Pensez-vous franchement que les mélomanes du classique vont se satisfaire d’un MP3 ou d’un extrait ? 

ZZT : Non justement, c’est pour cela que nous devons nous battre pour continuer. Le mélomane classique ne va pas se vanter d’avoir 2500 titres dans son ipod ou dans son ordinateur ! Sans avoir l’envie de feuilleter le livret du disque et sans vouloir en savoir plus sur l’artiste, le compositeur qu’il écoute. C’est incroyable de voir certains chefs d’orchestre comme Karajan vendu à 3€ le disque dans des promotions, avez-vous déjà vu un disque des Beatles à moins de 20 € ? Ou un album d’Aznavour ou encore de Johnny Hallyday à 1 € ? Non jamais. Quand nous accompagnons les musiciens pour un concert qu’ils donnent justement pour promouvoir la sortie de leur disque, le public est enthousiaste et en demande toujours plus. Le disque ne doit pas être une simple carte de visite ou de présentation, c’est un travail abouti comme une œuvre qui est travaillée depuis de longues années. Ce n’est pas en enregistrant dans sa cave avec n’importe qui que l’on peut s’improviser ingénieur du son, directeur artistique, non, un artiste a besoin d’un soutien par des professionnels avec un acte éditorial.

L’idéal à terme serait que certains labels se regroupent en fédération afin d’ouvrir des espaces d’écoute ou des magasins qui offriraient non seulement un stock disponible mais aussi de la qualité.

RM : Que pensez-vous du projet de loi signé par le président de la Fnac et de tous les majors pour instaurer une police du téléchargement ? Avez-vous été contacté pour vous exprimer ?

ZZT : Nous n’avons pas été sollicités sur ce projet de loi. Nous pensons qu’il est important que les téléchargements illégaux cessent. La proposition de supprimer l’abonnement du Fournisseur d’Accès à Internet (FAI) nous paraît être logique et finalement éducative. Parallèlement, nous sommes pour le principe de la copie privée soutenu par l’ADAMI duquel découle tout le financement des droits voisins du secteur de la musique (artistes, producteurs phonographiques). Nous sommes pour la copie privée d’un titre téléchargé légalement au départ mais en aucun cas pour la mise en ligne sur les serveurs KAZA et autres.

RM : Combien d’artistes se sont engagés avec vous ?

ZZT : Une bonne soixantaine avec lesquels nous avons enregistré et réalisé 150 disques. Ceux qui sont épuisés sont de nouveau accessibles dans notre collection économique Zébra à 9 € pour le public. En jaquette carton simple, un peu comme à l’époque du vinyle. La couverture reste jolie, mais il n’y a plus le livret complet comme dans les originaux.

RM : Comment avez vous sélectionné les artistes qui sont dans le coffret célébration des 10 ans de Zig-zag Territoires ?

ZZT : L’ensemble 415 était indispensable car Chiara Biancini nous fait confiance depuis le début, pas mal de baroque forcément, Blandine Rannou devait y être aussi, c’est un moment clef très subjectif. Nous avions une liste bien plus longue, mais il a fallu progressivement réduire.

RM : Quels sont vos projets pour 2008 ?

ZZT : Un disque Bach-Coltrane absolument hors norme avec le quatuor Manfred et le jazzman Raphael Imbert totalement financé par Zig-zag Territoires, Un double disque Forqueray avec Blandine Rannou, un autre avec Marianne Muller en co-production avec le Festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo… Nous croyons énormément à ces projets. L’intégrale des symphonies de Beethoven avec Anima Eterna qui est un gros projet que nous ne pouvons pas assumer seul financièrement. Nous y travaillons depuis déjà un an et nous avons par exemple fait venir des gens pour nous aider à financer cette aventure lors d’un concert à Liège. Un concert donné que sur instruments anciens avec des percussions turques ! C’était assez exceptionnel. Il est invité à Pleyel le 12 décembre 2007. Jos [ndlr : Jos van Immerseel ] aime bien contrôler ce qu’il fait et est aussi producteur de son ensemble « Anima Eterna » en travaillant depuis des années avec le même ingénieur du son. Ce n’est pas nous qui ferons la captation des séances car on ne change pas une équipe qui gagne ! (sourire). Nous intervenons dans la réalisation du projet, et en fait quand il était chez Sony, le producteur est parti à la retraite et Jos n’a pas eu le même feeling avec la nouvelle équipe. Aussi, il a préféré changer radicalement et nous faire confiance en tant que nouveau label.

Crédits photographiques : © D.R.

 

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.