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Paris, Salle Pleyel. 19-I-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : Quatuor pour piano et cordes n° 1 en sol mineur op. 25 (orchestration d’Arnold Schœnberg)  ; Richard Strauss (1864-1949) : Ein Heldenleben op. 40. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Christoph von Dohnányi.

Ce deuxième concert « hors les murs » de la Grande Maison eut droit à un triomphe et son chef à de longues ovations tant du public que des instrumentistes, à juste titre. Le programme du 19 janvier permettait la mise en valeur de chaque pupitre et ce fut un enchantement constant.

L’orchestration de Schœnberg du Quatuor avec piano n°1 de Brahms, tout en respectant la perfection insigne de sa structure, en fait une œuvre monumentale, en lui donnant une spatialisation, une ampleur et des couleurs que l’oreille la mieux exercée n’aurait osé imaginer. Les vents y jouent un rôle de premier plan comme dans l’écriture symphonique de Brahms, déployant un tissu chatoyant et changeant au gré des innombrables trouvailles de Schœnberg, ce qui confère à ces pages une puissance tantôt grave, grondante, tantôt jubilatoire. Des instruments absents de l’orchestre de Brahms sont introduits, tuba, clarinette basse, tambours basques, surtout dans le dernier mouvement, le Rondo alla zingarese particulièrement brillant.

Christophe von Dohnányi a mis dans son interprétation une clarté et une énergie que parait une sorte de jeunesse du regard qui se communiquait aux instrumentistes. Autant de qualités présentes dans Ein Heldenleben donnée en deuxième partie. Rappelons que ce grand chef straussien connaît bien l’ pour l’avoir conduit dans La femme sans ombre en 1980 puis dans Elektra en 2005 et que ses interprétations de Salome sont insurpassables. Il sut donner à chaque séquence de Ein HeldenLeben sont caractère propre, tantôt héroïque, comme il se doit, tantôt nostalgique, avec ces changements d’états d’âme propres à Strauss, en maîtrisant admirablement les dynamiques et les silences qui contribuent si bien aux effets dramatiques quand ils sont nets. Il faut saluer le lyrisme retenu du premier violon et la prestation des cuivres et des percussions.

Le deuxième balcon de la salle Pleyel, où il vaut mieux écouter un orchestre, se muait par instants en « balcon du ciel », pour parler comme Baudelaire, moments de félicité offerts par une phalange digne des grands orchestres internationaux qui sont invités dans cette même salle, et l’on se prend à rêver d’autres concerts avec les grands solistes que cette formation mérite.

Crédit photographique : © Cyrille Sabatier

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Paris, Salle Pleyel. 19-I-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : Quatuor pour piano et cordes n° 1 en sol mineur op. 25 (orchestration d’Arnold Schœnberg)  ; Richard Strauss (1864-1949) : Ein Heldenleben op. 40. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Christoph von Dohnányi.

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