75 ans du LPO en coffret

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London Philharmonic : 75th anniversary, 1958-1982. Benjamin Britten (1913-1976) : Serenade for tenor, horn and strings op. 31 ; Concerto pour violon op. 15 (version révisée) ; John McCabe (né en 1939) : Concerto pour orchestre ; The Chagall Windows ; Malcom Arnold (1921-2006) : Philharmonic concerto ; Piotr Illitch Tchaikovski (1840-1893) : Symphonie n°6 en si mineur « Pathétique » op. 74  ; Igor Stravinsky (1882-1971) : L’oiseau de feu (suite d’orchestre de 1919) ; Edward Elgar (1857-1934) : Introduction et Allegro pour quatuor à cordes et orchestre à cordes op. 47. Benjamin Britten (1913-1973) : Our hunting fathers op. 8. Edward Elgar (1857-1934) : Enigma-variations op. 36. Heather Harper, soprano ; Ian Partidge, tenor ; Nicholas Busch, cor ; Rodney Friend, violon. London Philharmonic Orchestra, direction : Bernard Haitink, Sir Georg Solti, Sir John Pritchard. 1 coffret de 4 CD LPO LPO 0098. Code barre : 8 54 990 00 198. Enregistré à Londres en concert entre 1958 et 1982. Notice de présentation en anglais. Durée : 4h25.

 

lpo_75ans_coffret1-300x263Le London Philharmonic célèbre cette saison ses 75 ans. La vénérable institution fondée en 1932 par Thomas Beecham offre donc aux collectionneurs deux coffrets de 4 CD tirés de ses enregistrements et de ses concerts. Ces deux box regroupent la période 1958-2007 alors qu’un premier coffret, édité précédemment, proposait des témoignages couvrant les origines de la phalange.

Ce premier coffret comporte un disque de musique anglaise déjà disponible sous la baguette géniale de Bernard Haitink. Ce reflet d’un concert londonien, disponible depuis 2005, avait été primé par une « clé de Resmusica ». On reste sur de très hautes sphères avec une Pathétique de Tchaïkovski emportée avec une énergie de tous les instants par Georg Solti. Certes ce traitement à sens unique évacue toute dimension slave, mais le chef tend le discours à l’extrême parvenant à créer des climats suffocants. On sera plus réservés sur une suite de L’oiseau de feu, trop polie et desservie par son fini orchestral aléatoire. Le disque Britten offre de belles interprétations mais peu déterminantes. En effet, la discographie des œuvres est surchargée surtout dans la Sérénade pour ténor, cor et cordes. Comme tout orchestre qui se respecte, le LPO a « commissionné » des partitions à des compositeurs de son pays. Les deux pièces de John MacCabe et le Philharmonic Concerto de Malcom Arnold sonnent avec efficacité, pourtant on ne saurait parler de chefs d’œuvres impérissables.

Ce second coffret comporte tout aussi curieusement un disque Chostakovitch par Kurt Masur disponible depuis le début de l’aventure du label auto-produit du LPO. Auteur d’une grande intégrale des symphonies de Mahler avec cet orchestre, Klaus Tennstedt nous propose une Symphonie n°9 de Beethoven. Enregistré en 1992, ce concert est l’un des derniers du chef qui miné par de terribles ennuis de santé abandonnera le podium en 1993. On connaissait déjà une autre interprétation du chef captée en concert en 1985 (édition BBC Legends) ; ce témoignage s’avérant assez proche du présent concert. Le chef allemand se place dans une optique romantique assez brassée avec ses cassures rythmiques et une impressionnante, voir tétanisante, dynamique. A une époque où les expériences baroquisantes se multipliaient, cette version regarde indéniablement vers le XIXe siècle. Cela étant le souffle incontestable de ce concert compose un témoignage intéressant sur l’art du chef. Directeur musical de l’orchestre de 1990 à 1996, Franz Welser-Most n’a pas laissé un souvenir discographique impérissable. Le disque hommage à son mandat est des plus étranges car à l’exception d’une belle version du Te Deum de Bruckner, il n’offre que des brides inintéressantes d’œuvres tirées d’enregistrements studios oubliables. Prodige de la baguette, le nouveau chef principal de l’orchestre, le Russe Vladimir Jurowski, se lance à l’assaut de la redoutable Symphonie n°14 de Chostakovitch. Sans démériter cette version techniquement parfaite souffre d’une avarice de drame, de noirceur et de souffrances. C’est excellent, magnifiquement servi par les chanteurs, mais on guète en vain les braises attisées par cette musique de feu, de larmes et de sang.

En conclusion, ces deux coffrets n’offrent, en terme de nouveautés, que deux témoignages majeurs : Solti dans la Pathétique et Tennstedt dans la Symphonie n°9 de Beethoven. Le reste s’avérant trop secondaire ou commercialement guère justifiable à l’image des disques de Masur et

Haitink, certes de haut niveau, mais déjà disponibles commercialement. Après l’exceptionnel coffret Elgar, on attendait autre chose du London Philharmonic pour ses 75 ans !

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