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Quand Midori interprète Bach et Bartók

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Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750) : Sonate n°2 pour violon seul en la mineur, BWV 1003 Béla Bartók (1881-1945) : Sonate n°1 pour violon et piano Sz. 75, BB 84. Midori, violon ; Robert Mcdonald, piano. 1 CD Sony classical Code barre : 8 2796-97745-2 6. Enregistrement 22-23 août 2005 (Bach) et septembre 1999 (Bartók) au Mechanics Hall, Worcester, Massachusetts. Notice bilingue : anglais, allemand. Durée : 59’05’’

 

Ce qui frappe d’emblée à l’écoute de ce CD, c’est la perfection technique de la violoniste : a manifestement à sa disposition des moyens mécaniques hors du commun, qui, alliés à une palette sonore qui va du pianississimo au fortissimo, lui permettent de réaliser une réelle performance instrumentale. Ceci est manifeste dans la Sonate n°2 en la mineur BWV 1003 de Bach dans laquelle fait montre d’une aisance et d’une agilité particulièrement déconcertante. La « fugue » et l’» allegro » final sont à cet égard très éloquents : la lisibilité et l’aspect éminemment polyphonique des voix sont perceptibles sans effort particulier de la part de l’auditeur. En revanche, on peut regretter que le « Grave » initial et le troisième mouvement, « Andante », ne soient pas plus expressifs, eu-égard aux capacités techniques de . Tout sonne juste, en place, mais on n’en ressort pas vraiment ému.

Accompagnée avantageusement par Robert Mcdonald au piano, Midori semble plus inspirée dans les passages lents de la Sonate n°1 pour violon et piano de que dans les pages de Bach. L’émotion passe davantage. Il va sans dire que la perfection technique reste toujours au rendez-vous, que ce soit dans les passages aux traits rapides et difficiles ou dans les moments plus lents avec des intervalles épineux. L’équilibre entre le piano et le violon est parfaitement maîtrisé également, les deux interprètes ayant l’habitude de travailler ensemble.

Il reste que l’ensemble est cohérent, maîtrisé, que l’auditeur a droit à du beau violon et du beau piano. Simplement, ces interprétations rappellent l’un des Poèmes en prose de Baudelaire, dans lequel le héros a tué sa femme, qui, visiblement, avait toutes les qualités. Pour seule raison, seule justification de son acte, il précise à la fin qu’elle était trop parfaite. Et paradoxalement, c’est peut-être ce qu’on peut reprocher au jeu de Midori, tout en s’émerveillant de ses prouesses et qualités techniques…

Ajoutons, pour terminer, que ce beau CD est tout de même un peu desservi par une prise de son qui met en évidence un effet d’écho, une réverbération dont on se passerait bien volontiers.

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Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750) : Sonate n°2 pour violon seul en la mineur, BWV 1003 Béla Bartók (1881-1945) : Sonate n°1 pour violon et piano Sz. 75, BB 84. Midori, violon ; Robert Mcdonald, piano. 1 CD Sony classical Code barre : 8 2796-97745-2 6. Enregistrement 22-23 août 2005 (Bach) et septembre 1999 (Bartók) au Mechanics Hall, Worcester, Massachusetts. Notice bilingue : anglais, allemand. Durée : 59’05’’

 
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