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Maria Malibran et la phénoménale Cecilia Bartoli

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Maria – Cecilia Bartoli. The Barcelona Concert & Malibran Rediscovered. Airs et mélodies de Manuel Garcia, Giuseppe Persiani, Felix Mendelssohn, Gioachino Rossini, Michael William Balfe, Johann Nepomuk Hummel, Vincenzo Bellini et Maria Malibran. Cecilia Bartoli, mezzo-soprano. Daniel Casares, guitare. Orchestre La Scintilla, direction : Ada Pesch. 2 DVD Decca. Réf. 074 3252. Code barre : 0 44007 43252 5. Enregistré sur le vif au Gran Teatre del Liceu le 4 novembre 2007. NTSC, Zone 0. Notice en anglais, français, allemand et italien. Durée : 147 minutes.

 

Elle est décidément un phénomène. La couleur de sa voix, sa technique tout à fait personnelle et son charme inépuisable la rendent unique dans le monde de l’opéra : . Malgré un instrument plutôt limité, à la puissance très restreinte, elle continue de fasciner son public en explorant toujours de nouveaux univers. Après Vivaldi et Salieri, elle est revenu au belcanto italien du premier XIXe se tournant cette fois non pas vers un compositeur, mais vers une des plus grandes cantatrices de cette époque : Maria Malibran.

Pour qui connaît le CD intitulé « Maria », publié en automne dernier, ce concert enregistré sur le vif constitue une belle surprise. Si Bartoli évite prudemment les airs de Norma et d’Elvira, trop lourds pour sa voix, l’atmosphère live aide à faire oublier ce que son chant a d’artificiel, voire de maniéré. Certes, elle nous éblouie comme toujours avec ses prouesses techniques (dont un trille du si naturel aigu au do dièse à la fin du rondo de la Cenerentola !), mais – contrairement au disque – elle parvient ici à nous toucher, à nous émouvoir. Plus encore que ses démonstrations de virtuosité, parfois un peu fabriquées, ce sont les airs calmes qui nous fascinent : « Ah, non credea mirarti », extrait de La Sonnambula, « Yon moon o’er the mountains » de The Made of Artois de Michael William Balfe et la formidable chanson du saule, tirée de l’Otello rossinien (qu’elle ne chante pas au disque, d’ailleurs). Comme au disque, c’est l’extraordinaire Orchestra la Scintilla qui accompagne la chanteuse, jouant sur instruments d’époque et dirigé cette fois de façon très compétente par son premier violon, Ada Pesch.

Dans le documentaire, Bartoli nous emmène sur les traces de – à Paris et à Londres, à Naples, Venise et Bruxelles. Si certaines séquences sentent un peu trop la mise en scène (« Ah, c’est sa chaise. Quelle merveille ». « Je touche le même clavier qu’elle. C’est incroyable ! »), si elle insiste un peu trop sur ce que les réunit (mais qui nous dit quelle était la couleur de la voix de la Malibran ?! En tout cas, on imagine mal Bartoli incarner sur scène Norma ou encore Leonore dans Fidelio !), le film nous apprend beaucoup de détails sur la vie de cette grande chanteuse. Et, il nous apprend plus encore sur . Nous voyons ses parents, sa maison natale, nous l’entendons chanter – toute jeune – le « Sempre libera » de la Traviata (eh oui !), nous la suivons dans les archives où elle découvre des lettres et des partitions.

« Maria – Cecilia Bartoli » est un DVD comme Bartoli seule peut en inventer : brillant et passionnant – et comme toujours un rien fabriqué.

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