Britten trouve là d’ardents défenseurs

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Benjamin Britten (1913-1976) : Variations sur un thème de Frank Bridge op. 10. Lachrymae, Reflection on a song of John Dowland, op. 48a pour alto solo et orchestre à cordes. Deux portraits pour orchestre à cordes. Simple Symphony, op. 4. Jean-Paul Minalli-Bella, arpegina, European Camerata, direction Laurent Quénelle. 1 CD Fuga Libera. Réf. : FUG 534. Code barre : 5400439005341. Enregistré à Saint-Jean d’Angély les 1er et 2 août 2006. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 71’48

 

La valeur n’attend pas le nombre des années dit l’adage populaire. Dans le cas de , cela semble convenir au propos. Avec sa Simple Symphony pour cordes, composée à l’âge de 21 ans (1934), Britten par le biais de quatre brefs mouvements lance une musique séduisante avec déjà des combinaisons thématiques et harmoniques sommaires non dénuées d’aménagements personnels.

La Bourrée tumultueuse laisse entendre deux thèmes simultanément suivis d’un Pizzicato joyeux, un presto allegro et juvénile. Le troisième mouvement, lent, baptisé Sarabande sentimentale, se montre plus grave et le plus développé de l’œuvre qui s’achève par un Finale espiègle, un prestissimo con fuoco bien nommé par sa concision et son dynamisme confirmant le respect du modèle haydnien revisité. Le jeune Britten s’apparente ici de par sa démarche à la Symphonie en ut de Bizet (1855, 17 ans), à la Symphonie Classique de Prokofiev (1917, 25 ans), à la Symphonie n°1 de Saint-Saëns (1853, 18 ans), sans parler du premier essai symphonique transformé de Mozart à 8 ans (1764). L’œuvre suivante, Variations sur un thème de Frank Bridge, de trois années postérieures (1937) traduit les bienfaits d’une évidente maturité. Composée pour le festival de Salzbourg, elle offre au compositeur britannique son premier grand essai et un éternel hommage de Britten à son maître, le trop méconnu Frank Bridge (1879-1941) à travers son emprunt thématique à la seconde des Trois Idylles pour quatuor à cordes de 1911. C’est une œuvre protéiforme, surprenante par son déroulement imprévisible et jaillissant, par sa verve satirique et sa finesse parodique.

Ces deux partitions et le reste du programme doivent l’expression de leurs potentialités à l’European Camerata (formation constituée en 1995 sur les restes de l’Orchestre des Jeunes de la Communauté Européenne) et à son chef fondateur français (né en 1970), tous faisant preuve d’une minutie et d’une érudition bénéfiques à la défense d’un Britten inventeur et orchestrateur de premier plan, créateur remarquable de par sa propension à remplir le présent par le rappel du passé.

Signalons, dans le Lacrymae, la prestation de qualité de Jean-Paul Minalli-Bella, avec un arpegina, une sorte de « grand alto dissymétrique et au timbre hybride empruntant au violoncelle, à la viole de gambe et à l’alto dont le son renvoie aussi à l’arpeggione, instrument honoré par Schubert ».

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