Jean-Luc Votano fait triompher Magnus Lindberg

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Liège. Salle Philharmonique. 9-V-2008. Jean Sibelius (1865-1957) : Le cygne de Tuonela ; Magnus Lindberg (né en 1958) : concerto pour clarinette (création belge) ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : symphonie n°3 « Héroïque » en mi bémol majeur, Op. 55. Jean-Luc Votano, clarinette ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Christian Arming.

Orchestre Philharmonique de Liège

Confrontation Finlande/Allemagne pour ce concert de l’Orchestre Philharmonique de Liège sous la baguette du chef qui nous avait fort marqué lors d’une précédente prestation avec les musiciens liégeois. Mais le principal attrait pour le commentateur résidait dans la création belge du concerto pour clarinette de . La phalange belge peut s’enorgueillir d’un lien particulier avec la musique du compositeur finnois car elle avait donné, en 2002, la création mondiale du triptyque orchestral : Feria, Parada, Cantigas sous la direction de Louis Langrée. Composée entre 2001 et 2002 à l’intention du clarinettiste finnois Kari Krikku, cette pièce d’un peu moins d’une demi-heure, témoigne de l’infatigable et inépuisable talent d’un auteur versatile et qui sait se fondre, avec talent, dans de nombreux genres. Requérant une incroyable virtuosité technique de la part du soliste, la partition, emportée par un vent frais et dévastateur, explore tous les procédés techniques exploitables à la clarinette. Le dialogue éruptif avec l’orchestre débouche sur une partition incontestablement majeure et certainement l’un des plus importants concertos pour clarinette rédigé après 1945. En soliste, , clarinette solo de l’orchestre et virtuose que l’on a déjà eu l’occasion de saluer dans ces colonnes (lire ici la chronique de son premier enregistrement), fait preuve d’un charisme peu commun. Emportant tout sur son passage par sa virtuosité et sa musicalité, il fait triompher la partition. Il faut par ailleurs noter que le clarinettiste à lui-même écrit sa propre cadence mélangeant une reprise des thèmes de l’œuvre et des citations surprises. L’orchestre philharmonique de Liège et son chef d’un soir livrent un accompagnement aussi souple que précis et attentionné. L’enthousiasme du public pour le soliste et l’œuvre est récompensé par un bis échevelé.

En ouverture du concert, , proposait, le méditatif Cygne de Tuonela de Sibelius. Sa lecture décantée et gorgée de lumières nordiques était portée par la performance inspirée d’Isabelle Desbats, cor anglais solo de l’orchestre. Après la pause, orchestre et chef présentaient la symphonique n°3 de Beethoven. Formé en Autriche par le solide , on pouvait se demander comment Christian Arming allait aborder le chef d’œuvre du grand sourd. Les acquis de la révolution « baroque » étant désormais inscrits dans le marbre, le jeune chef abandonne l’héritage de la « tradition » interprétative germanique pour offrir un Beethoven allégé et vraiment conquérant. Tempi vifs, articulations courtes et tension dramatique exacerbée portent ce Beethoven impérial et révolutionnaire. L’orchestre, très concentré, tient plutôt le choc avec, entre autre, des cors puissants et tumultueux dans le scherzo.

En résumé, cette soirée liégeoise, fut encore une fois placée sous le signe de l’excellence et montre le haut niveau des solistes de la formation. On espère également retrouver au pupitre de l’orchestre belge, Christian Arming qui s’affirme indiscutablement parmi les grandes baguettes de demain.

Crédit photographique : / DR

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