Tomáš Netopil, talent….à dompter ?

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Josef Suk (1874-1935) : symphonie en mi majeur, Op. 14 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Dans la nature, ouverture de concert, Op. 91, B. 168 ; Carnaval, ouverture de concert, Op. 92, B. 169. Orchestre symphonique de Prague, direction : Tomáš Netopil. 1 CD Supraphon. Référence : SU 3941-2. Code barre : 0 99925 39412 7. Enregistré en concert en concert à Prague en octobre 2007. Notice de présentation en : allemand, français, anglais et tchèque. Durée : 69’36

 

Dans la grande famille des jeunes chefs prometteurs, Supraphon nous offre simultanément deux galettes de prodiges tchèques des pupitres : et Jakub Hrůša. Ce premier disque est consacré au premier des deux espoirs. Lancé lors du festival de Salzbourg 2006 dans Lucio Silla de Mozart (enregistré ensuite à Venise), le musicien affiche un palmarès déjà assez impressionnant de grandes phalanges ! C’est lui qui assurera la conduite d’une nouvelle production de Doktor Faust de Busoni lors du prochain festival d’opéra de Munich. Le choix d’un programme est toujours délicat pour lancer un jeune artiste, Supraphon répond avec grande intelligence en confrontant deux tubes virtuoses d’ et une œuvre méconnue de .

Composée en 1897, la symphonie en mi majeur n’est pas le chef-d’œuvre de son auteur. Cette symphonie néo-romantique en quatre mouvements présente de belles mélodies surtout dans son mouvement lent, mais elle manque d’unité et l’orchestration, sans démériter, n’atteint pas de grands niveaux de finesses avec un final plus brutal qu’épique. Le chef tente, avec vaillance, d’unifier le discours, mais il peine à transformer sa direction en souffle dramatique alors que certains passages sont trop appuyés. C’est un Svetlanov qu’il faudrait pour « barbariser » cette musique et faire exploser les tempi.

Dans Dvoràk, la situation est plus problématique car à la différence de la modeste symphonie, le jeune homme doit se confronter à des légendes tchèques du pupitre. Et la comparaison ne tourne pas franchement à l’avantage du jeune homme. Son ouverture Dans la nature est un peu calme et son Carnaval pas assez déjanté.

Au final, on fait connaissance avec un musicien, visiblement, assez doué, mais qui manque un peu de personnalité par rapport aux charismatiques Gustavo Dudamel, François-Xavier Roth ou Jakub Hrůša. Un mot tout de même sur l’orchestre symphonique de Prague, valeureuse formation, mais plutôt limitée dans sa technique avec des cordes à la traîne et assez vertes dans les deux pièces de Dvoràk.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.