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Festival Brahms à Liège, les petits miracles de Louis Langrée

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Liège. Salle Philharmonique. 24-V-2008. Johannes Brahms (1833-1897) : Quatre chorals pour orgue, extraits de l’op. 122 (N° 10. Herzlich tut mich verlangen ; N° 4. Herzlich tut mich erfreuen ; N° 7. O Gott, du frommer Gott ; N° 11. O Welt, ich muss dich lassen) ; Un Requiem allemand. Anne Froidebise, orgue ; Hendrickje Van Kerckhove : soprano ; Thomas Laske : baryton. Chœur du Städtischer Musikverein de Düsseldorf, direction : Marieddy Rossetto ; Orchestre philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée

Un Requiem allemand

Avant Un Requiem allemand, clef de voûte de ce festival Brahms proposé par l’OPL, quatre chorals pour orgue ont été interprétés par Anne Froidebise, professeur au conservatoire de Liège et concertiste renommée. Si l’idée d’entendre résonner le grand orgue magnifiquement restauré en 2005 (déjà !) était réjouissante, ces quatre chorals présentés de manière disparate ont peiné à nous convaincre. Austères et complexes, ces pièces auraient gagné à être soit présentées dans leur intégralité afin d’en mieux saisir le sens, soit être programmées lors d’un autre concert du festival, car le Requiem allemand est une œuvre qui se suffit largement à elle-même…

Dans son chef d’œuvre inspiré par une foi profonde, Brahms se distingue par sa sensibilité de croyant en sélectionnant lui-même dans la bible luthérienne les textes qu’il mettra en musique. Le latin va également céder la place à la traduction allemande des textes bibliques réalisée par Luther. Fruit d’une longue gestation, cette œuvre habite l’esprit du compositeur à partir de l’année 1857, alors que son ami Robert Schuman vient de mourir. C’est ensuite la mort de sa mère qui le convaincra en 1865 de développer ses esquisses jusqu’à la création de l’œuvre en 1868, qui connaîtra un très large succès.

Pour cette grande version avec orgue, Anne Froidebise vient s’ajouter aux musiciens de l’OPL tandis que les très nombreux membres du chœur du Städtischer Musikverein de Düsseldorf viennent remplir l’arrière de la scène. La battue de marque alors le début d’un très riche voyage dont il serait vain de décrire toutes les qualités… L’ensemble des musiciens s’est montré très investi est a magnifiquement traduit la profondeur des sentiments humains mis en scène par Brahms. Entre ombres et lumière, tristesse et consolations, l’orchestre apporte véritablement « sa » traduction aux textes…

Le chœur de Düsseldorf est pour l’orchestre un partenaire qui se montre plus imposant que convaincant. L’importance des effectifs permet en effet de libérer de nombreux décibels, mais le groupe montre parfois quelques faiblesses quant à l’articulation ou à la justesse de certains phrasés. et Thomas Laske seront des interprètes bien plus sensibles et passionnants. La soprano Belge est rayonnante et l’on retrouve avec plaisir le charme de son timbre, ses aigus clairs et la technique dont elle fait preuve, surmontant sans peine les difficultés que réservent la partition de Brahms. Le baryton Thomas Laske est un interprète tout aussi musical et se montre poignant dans le Herr, iehre doch mich. et l’ensemble des musiciens et chanteurs, au terme d’une prestation intense recevront des applaudissements nourris, amplement mérités.

Crédit photographique : Louis Langrée © DR

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Liège. Salle Philharmonique. 24-V-2008. Johannes Brahms (1833-1897) : Quatre chorals pour orgue, extraits de l’op. 122 (N° 10. Herzlich tut mich verlangen ; N° 4. Herzlich tut mich erfreuen ; N° 7. O Gott, du frommer Gott ; N° 11. O Welt, ich muss dich lassen) ; Un Requiem allemand. Anne Froidebise, orgue ; Hendrickje Van Kerckhove : soprano ; Thomas Laske : baryton. Chœur du Städtischer Musikverein de Düsseldorf, direction : Marieddy Rossetto ; Orchestre philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée

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