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Dowland par Lesne, les tourments de l’âme

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John Dowland (1563-1626) : Ayres. Gérard Lesne, alto ; Ensemble Orlando Gibbons : Anne-Marie Lasla, Kaori Uemura, Sylvie Moquet, Emmanuel Balssa, violes. Jacob Heringman, luth. 1 CD Naïve E 8861. Code barre : 8 22186 08881 4. Enregistrement au Prieuré de Freuville en octobre 2002. Notice trilingue : français et anglais ; Durée : 65’53 ‘‘

 

Sortie en 2004, ce disque n’est pas passé inaperçu tant ses œuvres de encore trop peu connues du public français, sont envoutantes, parfois surprenantes, sombres et tout à coup légères.

Dérivant du madrigal, l’ayre se complait dans l’expression des sentiments, cherchant à nous émouvoir. Sa délicatesse et son raffinement (From silent night, Flow my tears, …), souvent proche d’un Moulinié ou d’un Boësset, ne s’interdit pas toutefois une certaine paillardise au passage (Fine knacks for ladies).

Ces ayres sont le reflet de l’âme, d’une âme tourmentée, qui s’exprime par le biais d’une poésie baroque qui connu son épanouissement en cette toute fin du XVIe siècle et ce début du XVIIe siècle en Angleterre.

La musique de Dowland est comme hors du temps. Cet homme qui ne parvint jamais à être assez courtisan pour rejoindre la cour d’Elizabeth Ière, vécu et travailla pour des cours princières et royales du nord de l’Europe, avant de rejoindre la cour de Jacques Ier. Luthiste réputé, il fut l’un des grands maîtres de cet âge d’or de la musique anglaise.

Le timbre si bouleversant, aux aigus si lumineux et aux graves si intense, de s’unie aux violes et au luth de l’, magnifiant ces œuvres destinées à l’intime, au cercle des proches, susceptibles de partager cette infinie mélancolie qu’elles évoquent. Se refusant à des ornementations trop faciles, donne vie aux mots, porteurs d’une émotion, il se fait acteur, laissant percer la rage, la colère, le chagrin jusqu’au rire du désabusement. Il est magnifiquement accompagné par les violes dont le chant plaintif flottant dans l’air parle à nos cœurs meurtris et au luth par Jacob Heringman dont le jeu élégant, nous permet de percevoir les couleurs si nuancée de cet instrument.

Le charme opère et l’on se laisse émouvoir, par cette musique du clair/obscur. Les ayres de Dowland sont ici sublimés par les interprètes de cet enregistrement dont ils font une version de référence.

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John Dowland (1563-1626) : Ayres. Gérard Lesne, alto ; Ensemble Orlando Gibbons : Anne-Marie Lasla, Kaori Uemura, Sylvie Moquet, Emmanuel Balssa, violes. Jacob Heringman, luth. 1 CD Naïve E 8861. Code barre : 8 22186 08881 4. Enregistrement au Prieuré de Freuville en octobre 2002. Notice trilingue : français et anglais ; Durée : 65’53 ‘‘

 
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