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Aix-en-Provence, Grand Théâtre de Provence. 05-VII-2008. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 88 en sol majeur ; Symphonie concertante pour hautbois, basson, violon, violoncelle et orchestre ; Symphonie n° 92 en sol majeur « Oxford ». Orchestre Philharmonique de Berlin, direction musicale : Simon Rattle.

Quel auditeur, se rendant d’un pas allègre vers le Grand Théâtre de Provence par cette chaude soirée du 6 juillet, aurait pu, ne fût-ce qu’un instant, douter de l’excellence de qui l’y attendait ? Quant le compositeur s’appelle et que les musiciens chargés de faire chanter son génie céleste forment la phalange du divin Philharmonique de Berlin, tout n’est-il pas d’avance acquis aux oreilles de ceux qui ont foi en la musique ?

Pour contrarié qu’en soit le lecteur incroyant, c’est exactement ce dont il nous faut pourtant rendre compte. De la première à la dernière mesure de toutes ses œuvres, Haydn est génial, tout simplement, tout le temps, et le Philharmonique berlinois désespérant de perfection ! Quelle sotte raison trouver, donc, pour bouder son plaisir ? Tout fut si beau ce soir-là, si fin, si coloré, si varié dans l’unité, si cohérent dans la diversité ! Où dont gît le secret de ce miracle renouvelé ? Pourquoi la mélancolique profondeur germanique s’accommode-t-elle si divinement de la surnaturelle légèreté viennoise ? De pupitre en pupitre, papillonnant au cœur de ces deux sublimes symphonies, les cellules mélodiques semblaient danser un prodigieux ballet de thèmes et de motifs appelés à une perpétuelle métamorphose. Aux plus discrètes occurrences de cette magie sonore, l’orchestre restait totalement souverain, comme décidant à chaque instant du destin de l’œuvre en tant qu’élément brut dicté à l’inspiration, mais aussi comme objet mutant, étincelant de mille feux allumés par tous les instrumentistes. Et c’est ainsi qu’exaltant l’expression du sentiment bridé par la raison tout en exerçant le contrôle absolu d’une permanente tension, le Philharmonique de Berlin parvient à l’accomplissement, hisse son discours haydnien au rang de prophétie. À la lumière – parfois bien brumeuse en notre ère rongée par le doute – d’une certaine idée de la grande maturité classique européenne.

Crédit photographique :  Deanne Fitzmaurice

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Aix-en-Provence, Grand Théâtre de Provence. 05-VII-2008. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 88 en sol majeur ; Symphonie concertante pour hautbois, basson, violon, violoncelle et orchestre ; Symphonie n° 92 en sol majeur « Oxford ». Orchestre Philharmonique de Berlin, direction musicale : Simon Rattle.

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