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Un week end à la Chabotterie pour redécouvrir luth et viole de gambe

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Grange des Communs, 27-VII-2008 Vieux Gautier (1575-1651), Denis Gautier (1603-1672), Dufaut (av. 1604 – av. 1672), Dubut (16.. – 16.. ) : pièces, chaconnes et suites ; Marin Marais (1656-1728) : Les voix humaines ; Jacques Gallot (16.. – ca 1690) : Prélude et Folies d’Espagne Claire Antonini ; luth

Festival de la Chabotterie 2008

L’Herbergement, Salle Aquarelle, 28-VII-2008 Karl Friedrich Abel (1723-1787), Prélude ; (1685-1750), Allemande BWV 1011, Bourrée BWV 1010 ; Johannes Schenck (1660-1712) : Aria Burlesca ; Mr. de le fils (16.. -17.. ) : Fantaisie en rondeau, Fantaisie ; Mr. de le père (16.. – av. 1701) : Les Pleurs ; Mr. de Machy (16.. -1692) : Prélude ; (1656-1728) : Les voix humaines, Muzettes ; Tobias Hume (15.. -1645) : Musical Humours ; Lessons for the Lyra viol ; Anon. (XVIe s. ) The Lancashire Pipes. , viole de gambe

Le festival de la Chabotterie, s’est hissé en quelques années au niveau des meilleurs festivals de musique ancienne et baroque en France, la liste impressionnante des invités en témoigne. Chaque concert est précédé d’une «confidence baroque» bon enfant, très pédagogique, où les artistes, accompagnés d’, le directeur artistique, et de musicologues, discutent du programme du jour avec un public curieux.

Le 27 juillet : Claire Antonini remplaçait Eugène Ferré, souffrant, dans un programme de luth français du XVIIe siècle. On ne saurait trop féliciter les organisateurs du festival : la dernière fois qu’il nous avait été donné d’entendre un récital de luth remonte au festival de Pontlevoy (Loir-et-Cher), où avait été invité jadis Hopkinson Smith. L’instrument-roi des XVIe et XVIIe siècles, d’après l’expression d’, reste largement méconnu du public comme des musiciens. Claire Antonini s’est d’ailleurs plus souvent fait entendre comme continuiste au théorbe, aux côtés des plus grands, que comme soliste au luth. Dans son récital, principalement consacré aux Gautier, le Vieux et Denis, elle a non seulement tout ce que doit la suite de danses au luth, avec le plus grand naturel, mais défendu avec noblesse la valeur de ce répertoire. Il n’y a pas que les clavecinistes qui devraient écouter les luthistes, pour imiter leur jeu ; la suite française pour luth est une perfection, un achèvement majeur de la musique européenne. D’ailleurs le public a suivi fasciné ; l’oreille s’adapte en très peu de temps au niveau sonore, et le luth, qui, contrairement au préjugé, n’a rien d’intimiste (contrairement, par exemple, au clavicorde, qu’on n’est pas censé jouer en public), devient alors un instrument immense et nuancé. On apprécie que Claire Antonini évite les écueils du beau son éthéré et de la vigueur rythmique à tout prix, mais on souhaiterait parfois plus d’engagement, moins de prudence, une caractérisation plus poussée des différentes pièces. Cette légère réserve ne nous empêche pas de désirer l’entendre plus souvent en solo, et de lui souhaiter à l’avenir une diffusion discographique plus large.

Le 28 juillet : Les Voix Humaines de Marais, transcrites pour luth, faisaient le lien avec le récital de , le lundi 28 juillet. Ce dernier poursuit, avec notamment, l’exploration de répertoires oubliés, mais on peut regretter qu’il délaisse quelque peu son activité de soliste, car le présent récital de ce soir prouve qu’il est loin d’avoir tout dit. Certains tempos plus rapides qu’à l’accoutumée, des fulgurances rythmiques parfois, ont un peu déconcerté dans Bach et la musique française – l’absence d’une basse continue régulatrice y est sans doute pour beaucoup –, mais demeure l’un des rares musiciens capables d’obtenir un tel silence du public, ou de lui tirer des larmes, avec les bien nommés Pleurs de Sainte-Colombe, popularisés par le film que l’on sait. Il est aussi sans égal pour les répertoires qui font le lien entre musiques populaire et savante ; et les effets permis par les scordature des pièces anglaises du XVIIe siècle déchaînent à juste titre l’enthousiasme des spectateurs.

Crédit photographique : photo © Musiques à la chabotterie

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