Plus de détails

Chopin 1843-45. Frédéric Chopin (1810–1849) : Deux Nocturnes op. 55 ; Trois Mazurkas op. 56 ; Berceuse op. 57 ; Sonate pour piano n°3 en si mineur op. 58 ; Trois Mazurkas op. 59. Katia Skanavi, piano. 1 SACD Lyrinx LYR 2259, code barre : 3700232222597. Enregistré en public en décembre 2007 à la Chapelle des Dames réunies de Marseille. Notice bilingue en français et anglais. Durée : 67’19.

 

Est-ce fait exprès ? Sûrement, car la coïncidence serait par trop incroyable. En tenant entre vos mains le bel objet de forme carrée qui contient le dernier enregistrement de la pianiste russe , quelque chose dans la manière dont son portrait a été réalisé vous titille les méninges, vous fait penser à autre chose, mais à quoi ? Pourtant, le gros titre «CHOPIN 1843-5» et le tampon «enregistrement public» sont assez habituels et il doit y avoir autre chose. Au bout d’un moment, c’est l’illumination : ce portrait est un pastiche, à une position de la main gauche près, d’un autre portrait de musicien, très connu*. Réponse en fin de chronique pour ceux qui n’auraient pas trouvé.

Revenons à la musique. C’est a priori une bonne idée que d’attaquer son Chopin de manière chronologique, même si 1°) on se sait pas si c’est le début d’une intégrale et 2°) les années 1843-45 se situent plutôt vers la fin de la vie de . En effet, on peut penser que l’état d’esprit du musicien était assez proche d’une œuvre à une autre, même en passant d’un genre à un autre. L’album débute avec les Deux Nocturnes op. 55 bien sombres à souhait dont les parties de main droite se détachent peut-être un peu trop de l’ensemble et dont le son d’ensemble manque un peu de rondeur. Il se poursuit avec les Trois Mazurkas op. 56 qui donnent parfois l’impression de savonner dans les liaisons de notes, ce qui est assez curieux. Vient ensuite la Berceuse en ré bémol majeur op. 57 de 1844 qui est incontestablement la meilleure pièce du disque. Ici, le toucher est parfait, l’équilibre main droite/main gauche idéal et le son d’une rondeur littéralement exquise. Un petit bijou caché en plein milieu de l’album ! Ce qui suit n’est pas mal non plus mais tout de même pas inoubliable. La Sonate pour piano n°3 en si mineur op. 58, pièce majeure du catalogue de Chopin, ne répond pas à nos attentes : par volonté de trop attaquer tout le temps, elle manque de délicatesse, le toucher est rude et la sonorité est donc un peu déficiente. Les mêmes défauts peuvent s’appliquer aux Trois Mazurkas op. 59, un peu moins brillantes, forcément, qui clôturent le disque.

Cette histoire de son est quand même bien curieuse et l’on est en droit de se demander si la dureté généralement observée dans cet enregistrement provient du jeu lui-même de , grande interprète internationale, ou bien serait «bêtement» issue du piano utilisé pour cet enregistrement et de ses réglages, ce qui ne serait pas impossible non plus. Le résultat donne un disque décevant dans l’ensemble qui ne comblera pas son Chopin-lover.

*Celui de … Franz Liszt par Henri Lehmann (1814 – 1882).

Plus de détails

Chopin 1843-45. Frédéric Chopin (1810–1849) : Deux Nocturnes op. 55 ; Trois Mazurkas op. 56 ; Berceuse op. 57 ; Sonate pour piano n°3 en si mineur op. 58 ; Trois Mazurkas op. 59. Katia Skanavi, piano. 1 SACD Lyrinx LYR 2259, code barre : 3700232222597. Enregistré en public en décembre 2007 à la Chapelle des Dames réunies de Marseille. Notice bilingue en français et anglais. Durée : 67’19.

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.