L’émotion vocale Peter Philips

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Peter Philips (1561 – 1628) : Motets & Madrigaux. Cappella Mediterranea : Mariana Flores, Maria Hinojosa Montenegro, sopranos ; Fabián Schofrin, contre-ténor ; Juan Sancho, ténor ; Matthew Baker, basse ; direction : Leonardo García-Alarcón. 1 CD Ambronay Editions AMY015. Code Barre : 3 760135 100156. Enregistré à l’Abbaye d’Ambronay entre le 2 et le 5 octobre 2007. Notice trilingue (français, anglais et allemand). Durée : 59’54’’

 

Formé à Londres, choisit pour des raisons religieuses de vivre à l’étranger entre l’Italie, l’Espagne, la France, la Belgique et la Hollande. Ses œuvres sont empreintes des influences des différents pays dans lesquels il a vécu. Il puise dans les différentes traditions musicales et offre des compositions atypiques et européennes. Considéré comme un maître de la tradition italienne, sa musique est imprégnée des traits espagnols des Flandres de l’époque. Compositeur européen, il signera ses œuvres en ajoutant son pays d’origine, l’Angleterre ; peut-être pour prouver à son public ses origines dans une musique résolument influencée par ses séjours à l’étranger.

Leonardo García-Alarcón nous offre à connaître la musique vocale de , un compositeur plus connu pour sa musique instrumentale. Argentin d’origine, à la direction de son ensemble créé en 1999, la , il est aujourd’hui l’un des talents les plus prometteurs de la jeune génération baroque. L’approche originale de l’ensemble est de revenir aux sources des idéaux esthétiques de grands musiciens du sud de l’Europe et de les appliquer à l’interprétation des musiques du nord. Passionné par les croisements esthétiques entre Nord et Sud, nous fait redécouvrir des madrigaux et motets de en particulier des madrigaux enregistrés pour la première fois.

L’interprétation très intéressante de la est liée à l’observation du tableau, «l’ouïe» de Jan Bruegel y puisant l’idée de doubler les voix des chanteurs avec les instruments qui y sont présents. L’écoute de cet enregistrement est d’une grande expressivité, les instruments jouent le rôle de caisse de résonnance, augmentent la couleur des voix et mettent d’avantage en avant les textes. Le souhait de est donc réalisé «avec pour seul but de transformer le silence en consonance, la consonance en émotion, l’émotion en couleur et la couleur en poésie» explique t’il dans le livret.

Le madrigal Il dolce Mormorio est à noter tout particulièrement ; les voix s’y répondent merveilleusement, l’appui des instruments et notamment de la flûte à bec sur une très belle poésie contribue à une pure émotion :

«Le doux murmure
que font les eaux lentes
de quelques ruisseaux
n’est certes pas différent du
susurrement d’amourettes lascives ;
et le souffle de la tiède brise
est le bruissement de leurs ailes. …
«ici vit, vit ici, ici vit l’amour»»

Le motet Salve Regina avec l’introduction de la salutation en solo de la soprano reprise par le chœur et les instruments est également de toute beauté. Le motet est court mais riche dans la couleur des voix. La doublure instrumentale est très légère ce qui permet de concentrer l’écoute sur la richesse des voix de la Cappella Mediterranea. Toute la subtilité du motet réside d’ailleurs dans la sensibilité des voix en parfaite adéquation avec le texte.

Un disque émotion, une belle découverte avec qui plus est une pochette originale et décalée qui intrigue sur le contenu. Un contenu… émotion !

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